Étude: La sécurité alimentaire s’est dégradée de 7,6% au Cameroun
Source: ENSAN /DataViz by ADISI-Cameroun

Les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, du Littoral, de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua et de l’Ouest qui subissent les effets de diverses crises humanitaires, sont les plus touchées d’après l’Enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle.

Au Cameroun, environ 2,7 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë, soit 10% de la population totale. La grande majorité de ces personnes vivent dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest, du Littoral, du Sud-Ouest et de l’Adamaoua. C’est ce qui ressort de l’Enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (ENSAN), publiée le 15 avril 2021.

D’après cette étude menée par le MINADER, le PAM, la FAO, PU et ACF/SI en septembre 2020 auprès de 9.959 ménages dans les 10 régions, près d’un ménage sur quatre est en insécurité alimentaire, soit 22.9%, dont 2.4% en insécurité alimentaire sévère. Une situation qui s’est détériorée, principalement dans les cinq régions couvertes par l’ENSAN en 2019 (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord et l’Ouest), passant en moyenne de 12.8% en 2019 à 20.4% en 2020. Une détérioration palpable, souligne l’enquête, dans toutes ces régions, sauf l’Extrême-Nord où la situation d’insécurité alimentaire semble stable autour de 25%. Elle est aussi particulièrement prononcée dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Est.

L’insécurité alimentaire résulte surtout d’une consommation alimentaire inadéquate qui touche 10.7% de sa population, de stratégies d’adaptions négatives basées sur la consommation alimentaire ou sur les moyens d’existence, dont usent respectivement 10.2% et 17.2% des ménages lorsqu’ils n’ont pas suffisamment à manger, ou enfin d’une vulnérabilité économique captée par la grande part des dépenses. Par ailleurs, il ressort de ce rapport que 1.1% de ménages souffrent de faim grave à très grave.

Source: ENSAN /DataViz by ADISI-Cameroun

Covid-19

En plus des diverses crises auxquelles est confronté le pays, la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a contribué à fragiliser davantage la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. En effet, l’ENSAN révèle que la crise qui s’est déclarée au Cameroun au mois de mars 2020 a impacté considérablement les revenus des ménages, qui ont diminué d’au moins 25% pour sept ménages sur dix et de 50 % ou plus pour deux ménages sur dix. Avec 81% de ménages ayant déclaré une diminution de leurs revenus d’au moins de 25%, la région de l’Ouest est la plus touchée par les effets négatifs de la pandémie.

Aussi, le pourcentage de ménages dont les revenus sont très instables a doublé, passant d’environ 20% avant l’apparition du Covid-19 à presque 40% en septembre 2020. Cette tendance est la même dans toutes les régions du pays, mais les régions du Littoral et du Centre sont particulièrement affectées, avec respectivement 38% et 26% des ménages dont les revenus sont très instables. Ces diminutions des revenus ont sans doute des conséquences négatives sur la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables.

L’insécurité alimentaire touche davantage, note le rapport, les populations non résidentes (réfugiés et personnes déplacées) que celles qui sont permanentes dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Par contre, dans la région du Centre, le phénomène inverse s’observe (5% contre 19.9%). De plus, l’insécurité alimentaire est essentiellement rurale, notamment dans les régions de l’Adamaoua, Centre, Est, Littoral, Nord, Ouest et Sud-Ouest

Marie Louise MAMGUE

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués avec *.