Exploitation minière : 95% des diamants produits à l’Est non tracés

Exploitation minière : 95% des diamants produits à l’Est non tracés

Entre 2016 et 2021, seulement 11 304 carats de diamants ont été tracés selon le Secrétaire national permanent du processus de Kimberly. De ce qui a été tracé, 5 923,46 carats ont été l’Est diamants produits exportés et 120 922 303 F Cfa ont été collectés au titre des impôts et taxes.

Dans l’arrondissement de Ketté, région de l’Est, l’exploitation du diamant n’a plus de secret pour Aladji Dewa Ibrahim. Depuis plus de 15 ans, ce chef de famille en a fait son gagne-pain dans la localité de Gbitti, frontalière avec la République Centrafricaine (RCA) et très riche en diamants. « Il y a des réfugiés qui exploitent et achètent le diamant. Le risque ici est qu’ils vendent n’importe où sans que ces diamants soient tracés et certifiés », déplore ce producteur, qui pense que l’exploitation de ce précieux métal est un véritable casse-tête pour les autorités camerounaises.

En effet, l’exploitation minière fait l’objet de convoitise dans cette partie du pays l’Est diamants produits. Selon un rapport intitulé « État des lieux et cartographie des sites diamantifères de l’Est Cameroun » du Réseau de lutte contre la faim (Relufa) publié en mars 2022, dans 95% des sites miniers, notamment diamantifères, la production est achetée par des acteurs informels en provenance de Batouri, Yokadouma, Bertoua, Yaoundé et Douala.

l’Est diamants produits 11 304 carats de diamants ont été tracés?

Il ressort également de cette étude réalisée du 16 au 25 février 2021 et du 05 au 30 avril 2021 dans 26 chantiers miniers, dont 6 inactifs, que « 50% des opérateurs n’enregistrent pas leur production et 85% des sites miniers visités n’ont pas d’autorisation d’exploitation artisanale (AEA) ». Ces fuites de productions de diamants se justifient selon cette organisation, par « la localisation de la plupart des chantiers le long de la frontière avec la RCA où on note une absence des bureaux d’achat camerounais contrairement à ceux de ce pays voisin ».

A en croire les acteurs de la société l’Est diamants produits civile, la région perd près de 95% de la production le circuit informel. « Entre 2016 et 2021, seulement 11 304 carats de diamants ont été tracés. De ce chiffre, 5 923,46 carats ont été exportés et 120 922 303 FCFA ont été collectés au titre des impôts et taxes liés », relève Daniel Mackaire Eloung Nna, Secrétaire national permanent du processus de Kimberly (SNPPK).

Exploitation artisanale

Outre l’exploitation illicite, les conditions de travail dans ce secteur d’activité restent rudimentaires. « Nous travaillons dans des conditions difficiles. Il n’y a pas le matériel adéquat, encore moins de financements. On manque d’espaces parce que les sites d’exploitation sont éloignés en brousse, dans les localités occupées par les rebelles l’Est diamants produits. Par conséquence, les artisans ont abandonné ces sites », se lamente Daniel Djaourou, chef du groupe dénommé « Union fait la force », une association en activité à Gbitti.

Dans son intervention devant le Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), Fuh Calistus Gentry, en fin 2021, Joseph Bournet, porte-parole des artisans miniers de la zone a tiré la sonnette d’alarme. Haut du formulaireBas du formulaire« Nous souhaitons porter à votre attention, le problème lié à la pénibilité du travail que nous effectuons. Nous avons pour cela besoin d’un accompagnement en matériel notamment des motopompes, des pelles, des équipements de protection individuelle, des balances, des loupes et autres pour améliorer les conditions de travail et produire de manière optimale », avait-il indiqué.  Il a ajouté, « l’autre problème qui préoccupe les artisans miniers et qui risque à terme de plomber l’artisanat minier, est celui relatif aux espaces. Depuis quelques temps, nous voyons nos espaces réduits au profit des titulaires des permis de recherche et des sociétés engagées dans l’exploitation artisanales semi-mécanisée. Nous souhaitons donc que vous nous accompagnez dans la sécurisation de nos espaces de travail ».

Riposte

Pour combattre le phénomène des diamants illégaux, le MINMIDT a lancé une vaste opération de recensement, de sensibilisation, de formation et de formalisation des acteurs de l’artisanat ainsi que la cartographie des sites diamantifères dans les arrondissements de Ketté, Mbotoro, Kentzou et Gari-Gombo dans la région de l’Est l’Est diamants produits. L’activité lancée en décembre 2021 consiste à accompagner environ 1500 acteurs miniers à l’obtention des cartes de collecteurs et d’artisans ainsi que leur organisation autour de groupements socioprofessionnels d’artisans miniers.

Pour Emmanuel Gbanga, maire de la commune de Ketté, « il est temps de mener cette opération d’assainissement du secteur minier vu l’imbroglio sur le terrain ». Le maire a notamment présenté comme doléance, « l’implication du ministère de l’environnement lors des études d’impact environnemental, la sécurisation des sites miniers, le paiement effectif de la taxe ad-valorem aux communes et l’implication des communes dans l’implantation des sociétés d’exploitation minière afin de mieux contrôler les cahiers de charges signés par ces dernières avec les communautés riveraines ».

De ce qui a été tracé, 5 923,46 carats

Il faut noter que le Cameroun a été admis au processus de Kimberly, un cadre de certification internationale des diamants brut afin d’assurer son exploitation et commercialisation surveillées. Cette adhésion, selon le SNPPK, « a permis au Cameroun d’élargir le tissu économique des zones d’exploitation et de commercialisation des diamants bruts à travers la création d’emploi et le développement des activités connexes à l’exploitation minière. Par ailleurs l’Est diamants produits, le Cameroun participe désormais au réseau mondial de prévention du financement des conflits armés par les revenus issus de l’exploitation des diamants bruts, améliore sa position dans le doing business, accroitre son assiette fiscale avec l’intégration des recettes issues de l’exportation des diamants bruts et a augmenté la contribution de la mine solide au PIB » l’Est diamants produits.

Sébastian Chi Elvido à l’Est

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