Extrême-Nord : Pour son essor, la région mise sur  ses handicaps
Une vue de Tokombéré dans l'Extreme-Nord

Le climat très chaud et la pluviométrie de 3 à 4 mois l’année pour une quantité de 700 à 800 millimètres d’eau pourraient devenir un atout pour le développement de cette région du septentrion.

Avec à peu près 800 000 bovins, 5 millions de petits ruminants, 150 000 porcs, une production de 80 % d’oignons, 69 % de mils, 51 % de riz, 40 % de gombo, 35 % d’arachides, et 35% de coton produits au Cameroun, l’Extrême-Nord est toujours considérée, selon son président du Conseil régional, comme la région au taux de pauvreté le plus élevé du Cameroun.

À en croire Daniel Kalbassou, cette région nantie d’un potentiel essentiellement agropastoral et qui ne compte que deux sociétés à savoir la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) et la Société de Développement du Coton au Cameroun (Sodécoton), nécessite d’être revitalisé. « Selon les estimations de l’Institut nationale de la statistique, 65% de la population est jeune avec moins de 40 ans d’âge.  C’est un potentiel aussi qu’il faut exploiter. Donc, ces éléments nous emmènent à dire quels sont nos grandes lignes de relance de l’économie. On parle beaucoup de nos handicaps dans l’Extrême-Nord, moi je dis la première chose à faire c’est de transformer ces handicaps en opportunités », a-t-il déclaré lors des journées commerciales Cameroun-France organisées du 16 au 17 juin 2021(en ligne) par Entreprise Cameroun(E-Cam).

Un champ de Coton à Tokombéré

Victime de problèmes d’énergie, le climat très chaud de cette région du septentrion pourrait, comme le précise Daniel Kalbassou, s’avérer être un atout pour le développement de l’énergie renouvelable, car « aucun développement ne peut se faire sans énergie », a-t-il déclaré.

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Avec une pluviométrie de 3 à 4 mois l’année pour une quantité de 700 à 800 millimètres d’eau, le président du Conseil région de l’Extrême-Nord souhaite profiter de ces eaux pour enfin développer l’irrigation dans cette partie du pays. Qui a pour activité principale l’agriculture qui, trop faible (1 tonne environ par hectare Ndlr), nécessite de l’eau pour un meilleur rendement. « Comment améliorer cela pour faire 2, voire 3 tonnes à l’hectare ? », s’interroge Daniel Kalbassou, dans son souhait de voir cette production agricole qui ravitaille la plupart des pays voisins, être une grande zone de production alimentaire.

« Il faut qu’on mette l’accent sur le développement de l’entrepreneuriat, pour que les gens oublient de penser à être un salarié ou un fonctionnaire, car l’Etat ne peut pas employer tout le monde. Mais nous n’avons pas de moyens pour faire tout ce qu’on aspire à faire », a relevé l’ex député. Il souhaite en outre que des entrepreneurs aident les populations de l’Extrême-Nord à développer leur région.

A ce sujet, Patrick Bassom, chargé d’affaires export du bureau Business France Cameroun, a souligné l’importance d’établir un pan entre les territoires du Cameroun et de le France, afin de créer des opportunités d’affaires. « Il faudrait qu’on travaille ensemble pour pouvoir être ensemble, compétitifs et attractifs, sachant qu’il y a de très grands concurrents qui sont asiatiques, américains et autres qui sont de plus en plus présents sur les marchés mondiaux et je crois que c’est dans l’intérêt de la France et de ses partenaires de renforcer les liens et de porter ensemble ce défi nouveau qui se présente », a-t-il déclaré.

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Michèle EBONGUE

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