Gouvernance :  Des entreprises publiques endettées  à plus de 15% du PIB au Cameroun

En plus de déplorer la faible rentabilité des structures publiques, le FMI constate dans son récent rapport technique que l’impact budgétaire de ce secteur est très important, créant une pression difficilement soutenable sur un budget déjà contraint.

En 2019, les entreprises publiques, du moins les 50 ayant fait l’objet d’une analyse de la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques du secteur public et parapublic (CTR), ont enregistré une baisse de 15,7 % de leur chiffre d’affaires par rapport à l’exercice 2018, et un résultat net global de -59,5 milliards FCFA, en baisse de -6,4% par rapport à 2018. Les plus grosses pertes ont été enregistrées dans les secteurs combinés « hydrocarbures, eau et électricité » et « industrie et commerce », reprend le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport technique intitulé « Cameroun- Renforcer la surveillance, la gouvernance et la maîtrise des risques budgétaires dans la gestion des entreprises publiques ». Réalisé à la demande du Ministère des finances du Cameroun, ledit rapport contient des conseils techniques fournis par les services du FMI aux autorités du Cameroun.

Cette institution financière relève en effet, que les entreprises publiques sont confrontées à des sérieuses difficultés structurelles. « Leur rentabilité reste globalement faible », déplore-t-elle.  S’il existe des facteurs conjoncturels pour expliquer le manque de résultats, (concurrence, pandémie et conflits régionaux, prix des produits et services fournis fixés par l’Etat et non ajustés en fonction des fluctuations des coûts de production notamment), ils ne peuvent expliquer selon le FMI, tous les problèmes rencontrés dans leur gestion.

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En plus, rapporte cette analyse, le niveau d’endettement très élevé des entreprises publiques (plus de 15% du PIB), et les passifs croisés avec l’Etat présentent des risques budgétaires majeurs. L’impact budgétaire du secteur des entreprises publiques est très important, créant une pression difficilement soutenable sur un budget déjà contraint. Une situation qui nécessite un renforcement de la gouvernance, la commande publique, le contrôle et l’audit interne.

Recommandation

A cet effet, cette institution financière recommande  entre autres à court  terme, d’asseoir un pilotage transversal et harmonisé de la politique de l’Etat actionnaire ; de définir un répertoire unique et exhaustif des entreprises publiques, en croisant les différentes listes des entreprises publiques disponibles dans toutes les structures du ministères des Finances (MINFI) ; de renforcer la structure et le contenu du rapport sur l’état du portefeuille de l’Etat et de l’annexe « concours financiers » pour servir d’outil de pilotage de la politique du portefeuille de l’Etat-actionnaire et les faire valider formellement par le MINFI avant leur transmission au Président de la République et au Parlement.

A moyen terme, le Cameroun gagnera à renforcer la coordination des tutelles technique et financière, grâce à la définition d’une politique claire de l’Etat actionnaire ; faire de la comptabilité patrimoniale et en droits constatés, un outil de traçabilité des actifs financiers de l’Etat ; institutionnaliser une gouvernance par contrats programmes, afin d’améliorer la performance des entreprises publiques concernées ; élaborer et publier une vue exhaustive de l’endettement des entreprises publiques par entreprise et nature de dettes, y compris prêts rétrocédés et garanties de l’Etat, ainsi que des plans et échéanciers de remboursement associés ; établir un tableau de bord, régulièrement mis à jour, des risques par entreprise publique.

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Marie Louise MAMGUE

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