Grève : Les enseignants boycottent les amphithéâtres
Une d'une salle de classe à l'université de Douala

Le mouvement de grève lancé par le Syndicat national des enseignants du supérieur depuis le lundi 25 janvier 2021 est effectif à l’Université de Douala.  

L’Amphi Pr. Tchuidjang Pouemi Joseph du campus 1 de l’Université de Douala est quasi plein. Vêtu d’une blouse blanche, l’enseignant faufile entre les rangés de bancs afin de mieux se faire entendre. L’écho de sa voix retentit jusqu’au couloir du bâtiment et les étudiants, assis de façon assidue, ne se préoccupent pas de l’absence d’électricité. La chaleur ne dissuade aucun étudiant de quitter la salle. Le cours parait intéressant au regard du calme des apprenants.  Ce qui n’est pas le cas dans la salle voisine.

Le cours de Qualité, hygiène, sécurité, environnement (Qhse) ne semble pas intéresser beau monde. La salle à moitié pleine, des étudiants qui vont et viennent, et les causeries entre camardes portent à croire qu’aucun enseignant n’y est. « Je ne sais même pas ce que je suis venue chercher ici, son cours s’arrête au 3e banc, tous les autres n’entendent rien de ce qu’il dit », lâche un étudiant.

En effet, les enseignants qui dispensent des cours ce lundi 25 janvier 2021 semblent ne pas respecter la consigne du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) sur le mot d’ordre de grève de ces professionnels de l’enseignement supérieur. « Je suis un vacataire, donc la grève ne me concerne pas. Ce n’est pas que je boycotte le mouvement, c’est juste que je ne suis pas concerné », explique sous anonymat, l’enseignant de Qhse.

A ce sujet, certains étudiants témoignent qu’ils n’ont pas fait cours ce lundi. « Nous devrions avoir le cours d’Anglais des affaires ce matin, mais l’enseignant n’est pas venu. Pourtant, lorsqu’il s’absente, il laisse le message au délégué de la classe, mais cette fois-ci, il ne l’a pas signalé », indique Donald Elong, étudiant en Etude supérieure de commerce niveau 3.

Revendications

Pour le Synes, cette grève est le résultat de plusieurs revendications. Notamment le paiement de la prime spéciale allouée aux enseignants chercheurs des universités d’Etat, et le paiement des prestations académiques dues aux enseignants dans des établissements des différentes université d’Etat. « A ce jour, il en ressort que le montant de ces différentes prestations est assez colossal, et il n’est toujours pas payé. Il faut dire que s’agissant de la prime spéciale, elle doit être payée tous les trimestres, et le trimestre dont il s’agit ici, c’est le 4e de l’année 2019-2020 qui devait être payé au plus tard le 15 janvier 2021 », souligne Dr Firmin Moutil, chargé de cours et commissaire au compte pour la coordination de Synes de l’Université de Douala.

Selon lui, la grève prévue du lundi 25 au samedi 30 janvier 2021, ne va empiéter en rien l’année académique en cours, car les enseignants sauront comment rattraper cette période « morte ». Très souvent obligé de se tourner vers cette méthode pour entrer  en possession de leur dû, le Bureau national exécutif relève qu’il indiquera la conduite à suivre si jamais leurs doléances ne sont pas prises en compte.

Michèle EBONGUE

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