NoSo: près de 4 000 déplacés après des attaques et violences entre avril et juin 2026
La situation humanitaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est demeurée préoccupante jusqu’à la mi-juin 2026. Dans ces régions en proie à une crise prolongée, les contraintes d’accès, la présence limitée des acteurs humanitaires dans certaines zones et le manque persistant de financements ont considérablement entravé les efforts de secours, selon le dernier rapport des Nations Unies.
Marquées par des attaques perpétrées par les différentes parties au conflit, des enlèvements contre rançon, des arrestations arbitraires, ainsi que par la multiplication des points de contrôle illégaux, des barrages routiers et des demandes de rançon, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso) ont continué de faire face à une insécurité grandissante. La situation humanitaire y est restée catastrophique entre avril et juin 2026. « Des affrontements entre les forces de sécurité de l’État et les groupes armés non étatiques ont persisté dans plusieurs divisions. Ce contexte sécuritaire instable a continué de fragiliser les moyens de subsistance, de perturber l’accès aux services essentiels et d’aggraver les besoins humanitaires des populations touchées », indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha), dans son rapport publié le 31 juillet 2026.
Ces violences ont affecté la production agricole, perturbé le fonctionnement des marchés, fragilisé la sécurité alimentaire et freiné d’autres activités économiques. L’accès aux services essentiels, notamment à l’éducation et aux soins de santé, est également resté limité dans plusieurs localités. Selon Denis Ze, consultant et chercheur en questions humanitaires, la persistance des attaques et l’insécurité chronique montrent que les solutions militaires, à elles seules, ne suffisent pas. « Il faut privilégier un dialogue inclusif avec toutes les parties pour instaurer une paix durable », explique-t-il.
Par ailleurs, les déplacements de populations se sont poursuivis, avec de nouvelles vagues de déplacements forcés enregistrées dans les divisions de Momo et Mezam, dans la région du Nord-Ouest, ainsi que dans la division de Manyu, dans la région du Sud-Ouest. Selon le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), près de 4 000 personnes, soit 787 ménages, ont été contraintes de quitter leur domicile à la suite d’attaques armées, de violences intercommunautaires et d’affrontements entre groupes armés.
D’après Ocha, la présence limitée des intervenants humanitaires dans certaines zones et le manque persistant de financements continuent d’entraver les opérations de secours. Cette situation risque de réduire davantage les capacités opérationnelles des acteurs humanitaires et d’aggraver les besoins des populations dans les mois à venir. À en croire Léopold Sonfack, sociologue, « la situation dans le Noso révèle l’urgence d’un véritable changement de stratégie humanitaire et sécuritaire. Il est impératif d’assurer la sécurité des populations tout en garantissant l’accès des secours aux personnes vulnérables ».
Hyacinthe TEINTANGUE







