Ouest : Des activités humaines menacent la conservation des raphias
Les raphias : la surexploitation menace sa conservation à l’Ouest

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Surexploitée par les artisans et détruit par les maraîchers en quête des espaces cultivables, cette essence est désormais en péril dans la région de l’Ouest la conservation des raphias à l’ouest du cameroun

Pour Hyacinthe L. le raphia est une mine d’or. Ce jeune de 35 ans installé à Balena dans l’arrondissement de Batcham dans les Bamboutos, se sert du bambou de raphia frais pour fabriquer des cageots à tomates. Selon ce père de plusieurs enfants, « cette activité moins contraignante » lui permet de gagner sa vie la conservation des raphias à l’ouest du cameroun. Il fabrique en moyenne 20 à 30 cageots par jour, vendus entre 200 et 250 F Cfa selon les périodes. Avec un bambou de raphia, il peut confectionne 4 cageots, a-t-il précisé.

A en croire Hermann Yongueu, promoteur culturel, cette espèce végétale ancrée dans la tradition Bamiléké est exploitée pour plusieurs usages. Depuis des siècles, explique-t-il, cet arbre constitue de la matière première à la fabrication des biens meubles et de l’architecture Grassfield la conservation des raphias à l’ouest du cameroun. « Les plafonds, murs et barrières des concessions de notables Bamiléké ont longtemps été fabriquées grâce aux bambous de raphia. Les lits et chaises utilisés lors des cérémonies traditionnelles, et même au La’akam (Lieu d’initiation du nouveau roi, ndlr) sont généralement en bambou », dit-il

A en croire ce promoteur de culture, les fibres extraites des jeunes feuilles de raphia servent à la fabrication des parures d’initiation et d’appartenance aux sociétés mystico-religieuses à l’exemple du « chapeau de fibres de raphia, généralement teint en noir, utilisé uniquement par les Fo’o (Chef du village NDR), notables et autres initiés ». Il précise que ces fibres sont utilisées pour isoler « les motifs recherchés des étoffes Ndop (tissus traditionnel NDR) lors de la teinture des tissus. Elles sont également utilisées pour représenter les cheveux de plusieurs masques sculptés appartenant aux sociétés dites secrètes ». La sève, ou vin de raphia, communément appelé vin blanc, très prisé dans la région, « est utilisé pour des rites appelés à sceller une alliance, comme le rituel de la dot, pour des séances de libation les initiés », ajoute ce promoteur culturel.

Des multiples usages qui aujourd’hui constituent une menace pour la préservation cette espèce végétale. « Les cultivateurs aussi détruisent les bas-fonds (marécages où poussent les raphias) pour faire des cultures maraîchères. La mauvaise façon d’exploiter les feuilles pour leurs fibres en vue de confectionner des parures Grassfields détruisent aussi la plante », déplore Hermann Yongueu la conservation des raphias à l’ouest du cameroun.  Face à la surexploitation de cette espèce végétale, une semaine dédiée au raphia est organisée chaque année à Baleng dans le département de la Mifi dans le but de préserver cette essence menacée de disparition.

Cette initiative, relève Hilaire Tassa, responsable du patrimoine culturelle dans cette chefferie, a été instauré à cause du désintéressement observé chez les jeunes par rapport à la préservation de cette plante. Il est donc question pendant une semaine, d’initier les jeunes à l’utilisation du raphia et à sa préservation. Dans cette logique, un projet de restauration de huit hectares de raphia est en cours d’implémentation dans cette localité la conservation des raphias à l’ouest du cameroun. Cependant, déplore Hermann Yongueu, certains « chefs ne connaissent pas encore l’urgence de la préservation des raphias, ou alors connaissent le problème et ne trouvent pas urgent de trouver des solutions pour sa préservation ».

Aurélien Kanouo Kouénéyé 

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Raphias

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