Politique budgétaire : La dette publique du Cameroun estimé à 40% du PIB en 2020
Source - Nkafu Policy Institute_DataViz by ADISI-Cameroun

Le « Rapport sur le Budget 2020 au Cameroun », réalisé par Nkafu Policy Institute, indique qu’en 2020, la dette publique devrait atteindre un niveau maximum de 40% du PIB et devrait encore se dégrader si des politiques appropriées ne sont pas mises en place pour relancer la croissance après la crise sanitaire actuelle.

« La dette du Cameroun reste viable. Cependant, le risque de surendettement extérieur reste élevé. De ce fait, la politique budgétaire, dont l’objectif est d’assurer la pleine croissance économique, ne peut véritablement pas permettre d’atteindre les objectifs voulus malgré les choix budgétaires du gouvernement qui visent à réduire les chocs économiques liés à la Covid-19 », relèvent les auteurs du « Rapport sur le Budget 2020 au Cameroun ». Notamment Dr. Louis-Marie Kakdeu, Dr. Jean Cedric Kouam, Dr. Joel Moudio Motto, Ulrich D’Pola Kamdem et Egoh Modi Aziz. Un projet de Nkafu Policy Institute, Denis & Lenora Foretia Foundation.

D’après cette étude, en 2020, la dette publique devrait atteindre un niveau maximum de 40% du PIB et devrait encore se dégrader si des politiques appropriées ne sont pas mises en place pour relancer la croissance après la crise sanitaire actuelle due à la propagation du coronavirus. Toujours au cours de cette même année, le ratio valeur actualisée de la dette extérieure/PIB reste largement en-dessous du seuil donné conjointement par la Banque mondiale et le FMI dans le Nouveau cadre d’Analyse de la Viabilité de la Dette. Une situation qui renvoie à une politique médiocre, déplorent ces auteurs.

Cependant, le ratio valeur actualisée de la dette publique/exportations reste largement au-dessus du seuil indiquant une politique solide. On constate également un dépassement des seuils du ratio service de la dette/exportations (politique moyenne), ratio du service de la dette/ recettes budgétaires (politique moyenne) et ratio encours de la dette publique/PIB (politique moyenne), lesquels restent très sensibles au refinancement de la dette fournisseurs à court terme de la SONARA.

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Aussi, note le rapport, les efforts fournis par le Gouvernement du Cameroun en matière budgétaire, à travers la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2020, sont très insuffisants pour développer un secteur manufacturier sain, compétitif et diversifié, capable d’inverser la structure du commerce. Ces efforts restent aussi insuffisants tant pour accroître la productivité de l’économie que pour promouvoir durablement le « made in Cameroun » et ouvrir le pays à la concurrence.

A en croire ces auteurs, pour que le Cameroun puisse atteindre ses objectifs budgétaires, il va falloir qu’il opère des économies ailleurs. Pour obtenir de meilleurs résultats, ils  recommandent entre autres, de réduire le train de vie de l’Etat en termes de dépenses de fonctionnement dans tous les sous-secteurs d’activité de l’économie nationale, d’améliorer le niveau des dépenses en capital ou d’investissement dans tous les sous-secteurs d’activité à forte compétitivité, de formuler explicitement un objectif de compétitivité dans les sous-secteurs stratégiques de l’économie camerounaise encore fortement influencés par l’omniprésence de l’Etat. Toujours comme solution, le rapport propose de revoir à la hausse les montants des crédits de paiement ouverts sur les programmes concourant à la promotion de la compétitivité et à l’amélioration de la gouvernance économique dans les sous-secteurs concernés, Supprimer les charges fiscales dont l’impact sur la croissance est négligeable notamment celles qui découragent le libre marché.

Marie Louise MAMGUE

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