Politique : Les services de sécurité se relayaient dans le cortège du Pr Kamto
Pr Maurice Kamto, President du MRC

Une semaine après la présumée tentative d’assassinat du leader du Mrc à Garoua, on en sait un peu plus sur les circonstances et la suite de l’affaire notamment les auditions des responsables du MRC pour le Nord.

De toute évidence, le cortège du Pr Maurice Kamto le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) était suivi depuis son départ de Yaoundé par des éléments de la sécurité nationale en civile. Ceux-ci se relayaient selon les villes et régions traversées par le cortège au départ de Yaoundé. N’eut aurait été l’incidence de Garoua, l’information serait passée sous cape. Une pratique sécuritaire, argue-t-on dans ses milieux.

« A la veille (13 février Ndlr) de la descente de Maurice Kamto dans la région de l’Extrême-Nord, nous avions reçu l’instruction d’assurer la sécurité du leader du MRC en transit à Garoua venant de Ngaoundéré pour Maroua. Notre commandant nous a demandé de prendre le relais au niveau de l’entrée de Garoua et jusqu’à la sortie et d’autres collègues devraient prendre le relais » indique un gendarme en civile ayant fait partie de l’ensemble des corps réquisitionnés pour cet exercice. Le maréchal des logis chef Jean Fils Ngwe, en service à la Brigade Ter de Garoua que nous avons rencontré, a refusé de se prononcer sur ce qui s’est réellement passé. « Ma hiérarchie m’a interdit de parler tant que l’enquête est en cours », nous l’a-t-il confié. Un de ses collègues d’une autre unité et qui faisait partie de la mission, précise que « nous suivions le cortège et il y avait des motos à hauteur du cortège. Un photographe était entrain de filmer le cortège de Maurice Kamto. Le Prof Fogue freine brutalement sa voiture et les vigiles de Maurice Kamto, se mettent à molester et demandent de se présenter. Mon collègue sort sa carte professionnelle et donne le numéro de son commandant. Il explique ensuite au trésorier du MRC et le garde du corps du Pr Kamto qu’il est en mission et déployé dans le cadre de nos missions régaliennes. Alain Fogué et les vigiles de Maurice Kamto se sont empressés de crier à la tentative d’assassinat contre Kamto, ils l’ont déshabillé, filmé et désarmé sans résistance de sa part et ils l’ont conduit aux services du Gouverneur ».

A Garoua, le haut commandement local est sans appel. « J’ai signé des convocations et je les ai émises et fait déposer à la représentation régionale du MRC à Garoua. La responsable les a déchargées et s’est chargée de les véhiculer au niveau central du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun » confie le commandant de la légion de Gendarmerie du Nord, le colonel David Nyong. A en croire ce haut gradé de la gendarmerie, la plainte ne viserait pas seulement que l’agression portée sur l’un de ses éléments par certains militants du Mrc. « Nous sommes dans une procédure et nous avons un certain nombre d’éléments qui nous poussent à auditionner les militants du Mrc » fulmine t’il. C’est dans cet ordre d’idée que des cadres de la section régionale du Mrc à Garoua ont été entendus le 17 mars 2020 dans le cadre d’une enquête d’« outrage à un officier dans l’exercice de ses missions ». Contactés, les responsables régionaux du Mrc n’ont pas souhaité s’exprimés sur cette audition.

Pour rappel, le 13 mars dernier alors que le cortège du Pr Maurice Kamto traversait la ville de Garoua à destination de Maroua, des personnes présentées comme des gendarmes en civile ont été arrêtés par des militants du Mrc. Ceux-ci les soupçonnent d’avoir voulu intenter à la vie de leur leader. Le parti le réitère d’ailleurs dans un communiqué rendu public le 14 mars 2020. Ce que ces gendarmes et leur hiérarchie rejettent en bloc arguant avoir été mandaté pour assurer la sécurité du Pr Maurice Kamto. Dans une sortie le lendemain de l’incidence, le Ministre de la Communication est allé dans le même sens.

Alors qu’une enquête est ouverte à la légion de gendarmerie du Nord, des sources au Mrc confient que le Pr Maurice Kamto a à son tour, déposé une plainte pour tentative d’assassinat.

Felix Swaboka et Paul Joel Kamtchang

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