Recettes fiscales : La région de l’Est enregistre une hausse de 7% en 2020
Recette fiscale

Malgré la pandémie de la Covid-19 qui a négativement affecté les recettes fiscales, à la fin de l’exercice 2020, sur un objectif de 7 milliards 250 millions F Cfa, le Centre régional des impôts de l’Est à collecté près de 8 milliards F Cfa, dont un taux d’évolution de 7% contrairement aux années précédentes.

A la fin du premier semestre 2020, les recettes fiscales dans la région de l’Est avaient chuté de plus de 148 millions F Cfa par rapport aux objectifs fixés. Un score qui rend nulle, la performance du premier trimestre (de janvier à mars). Selon l’Administration fiscale, la chute drastique observée est la conséquence directe de la pandémie du coronavirus et les mesures barrières édictée par le gouvernement qui ont paralysé les activités économiques. « La fermeture des sociétés notamment forestières qui ne pouvaient plus couper le bois pour qu’on prélève la taxe d’abatage, la chute des affaires au niveau des entreprises hôtelières, les restaurants et les activités qui se greffent autour du tourisme, le ralentissement des mouvements au niveau des transports, la suppression des contrôles, la suspension du paiement de la taxe à l’essieu entre autres ont ralenti les recouvrement des impôts pendant le premier semestre », explique  Oumarou Wadjonré, chef du Centre régional des impôts.

Mais contre toutes attentes, le bilan des recettes fiscales de l’année 2020 a été plutôt positif. « En début d’exercice budgétaire, il a été assigné au Centre régional des impôts un objectif de 7 milliards 250 millions F Cfa en recette, mais nous avons collecté près de 8 milliards F Cfa. Comme pour dire que notre objectif a largement été dépassé avec un taux de réalisation de presque 110%. Comparativement à l’année 2019, nous avons connu un taux d’évolution de 7% malgré la Covid-19 », indique le chef du Centre.

Ce résultat, est la conséquence de la nouvelle stratégie adoptée par l’Administration fiscale. « Après la reprise des activités entre juillet et août, nous avons essayé de revisiter les déclarations des contribuables dans les secteurs d’activités où il existe plusieurs types de taxes. Je vous citerais la taxe d’abattage, les taxes minières telles que les redevances superficielles et autres. Ce qui nous a permis d’élargir notre assiette fiscale. Parce que l’élargissement de l’assiette fiscale ne dépend pas seulement du nombre de contribuables, mais de la qualité des déclarations », souligne le chef de Centre. Et d’ajouter : « Nous avons beaucoup échangé avec nos contribuables, c’est ce qui nous a permis de rattraper le gap que nous avons connu entre le mois de mai et août 2020, et de nous retrouver dans les chiffres dès le mois de septembre. »

A fin de l’exercice budgétaire 2017, sur des objectifs d’environ 2 milliards 717 millions F Cfa assignés et selon Charles Djang Koge, chef de Centre en ce moment, près de 2 milliards 597 millions ont été réalisés, soit un taux de 98,5%. La même tendance a été maintenue en 2018 et 2019.

Difficultés

Outre le coronavirus qui demeure une menace, plusieurs difficultés entravent la collecte des impôts dans la région de l’’Est. Il s’agit entre autre de la vaste étendue de la région qui couvre presque le quart de la superficie du Cameroun, les longues distances entre les unités administratives et le mauvais état du réseau routier. Ce qui ne permet pas aux services des impôts de se déployer partout où se déroulent des activités commerciales. Il y a également le faible taux de recouvrement des recettes des ressources naturelles du fait que ces activités ne se déroulent pas dans des agglomérations. « L’apport de la fiscalité des ressources naturelles n’est pas à la hauteur de nos attente », avait indiqué Charles Djang Koge au moment où il était chef du Centre régional des impôts jusqu’en 2019. Certaines de ces entreprises avait-il expliqué « n’ont ni bureaux, ni représentations en zone urbaine. A titre d’exemple, pour un objectif d’environ 203 millions de ressources minières au titre de l’exercice 2017, le Centre régional n’avait pu récolter qu’à environ 157 millions auprès des exploitants artisanaux, parce que les exploitants industriels sont imposés à la DGE (Direction des grandes entreprises ». Toujours au rang des difficultés, se pose le problème d’insécurité due à la crise sociopolitique en République Centrafricaine depuis 2013 qui a entrainé le départ de plusieurs opérateurs économiques des zones frontalières.

Innovations

Pour l’exercice 2021, les services des impôts misent sur les innovations pour améliorer le taux de recouvrement. « Les innovations en matière fiscale cette année sont en faveur des contribuables des secteurs qui ont fortement été touchés par la Covid-19. Il y a le cas de la taxe d’abattage qui a connue une baisse de 4% à 3%. Il y a les hôteliers qui, dans la loi des finances de 2021 n’auront pas à payer les acomptes des impôts durant toute l’année. Pas de taxe de séjour, pas d’acomptes pour les impôts. Ces contribuables viendront simplement déclarer leurs chiffres d’affaires, sans moyens de paiement. Il y a également les transporteurs qui durant l’exercice 2021 ne payeront pas de taxe à l’essieu », précise le chef du Centre régional en indiquant que « nous devons encore axer notre travail sur l’élargissement de l’assiette fiscale ».

Au-delà de ces innovations, la Direction générale des Impôts est entrée en plein dans la digitalisation à travers les déclarations en ligne. Sur le plan local, dès le 1er avril prochain, le Centre départemental des impôts du Lom-et-Djèrem sera totalement informatisé. Et progressivement, à partir du mois de juillet 2021, ce système de digitalisation sera opérationnel dans les Centres départementaux des impôts de Yokadouma, Batouri et Abong-Mbang.

Sébastian Chi Elvido à Bertoua

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