Rentrée scolaire : Les parents encore à la traine à Douala
L'entrée d'une école avant la rentrée

Les répercussions économiques de la Covid-19, sont les raisons que les parents évoquent pour justifier les inscriptions tardives. 

Mohammed et Samira ont bien débuté les classes le lundi 5 octobre 2020. Leur mère Adjara, infirmière dans un centre de santé à Douala s’est assurée que ses enfants ne rencontrent aucune difficulté à reprendre les classes. Les frais de scolarité et quelques fournitures ont déjà été envoyés à Foumban, la ville où fréquentent les enfants.

Emmanuel, un autre parent, n’a pas attendu le jour-j pour inscrire sa fille en classe de 5e. « C’est vrai que ce n’est pas facile, mais on fait avec. On ne peut pas jouer avec notre avenir, parce que c’est ce que sont nos enfants », a déclaré ce parent.

Seulement, tous n’ont pas la même approche. Jules Nya, père de 4 enfants, a procédé par priorité. « Pour l’instant, j’ai entamé les dossiers de ma fille qui entre à l’université », indique-t-il. Le quinquagénaire explique qu’à cause de la crise sanitaire, son activité a connu une baisse, d’où son incapacité à inscrire tous ses enfants au même moment. « Les trois autres vont commencer sans être inscrits. Les deux derniers sont anciens dans leur établissement, donc ils y ont encore leurs places, et l’ainé est à sa 2e année à l’université, il attendra. C’est la 2e qui quitte le secondaire pour l’université qui est prioritaire, il faut garantir sa place », souligne ce chef de famille.

Dans les établissements primaires et maternels, l’absence des parents est à déplorer, alors que les classes ont effectivement repris. « Les parents ne viennent pas, même pas ceux des anciens élèves. Je ne sais pas ce qui se passe dans des maisons. Peut-être c’est un problème d’argent, mais on espère qu’ils viendront avec les enfants », informe Solange Mbambi, directrice de l’école publique de Bonapriso groupe I B. Un phénomène récurrent, auquel sont habitués   d’établissements scolaires.

Même si la pandémie du Covid-19 a amplifié le retard des parents dans le paiement des frais de scolarité, ils sont nombreux ceux qui ont toujours attendu s’exécuter en étant sous pression.  « Depuis le 28 septembre, date de la rentée administrative, 2 enfants seulement ont été inscrits, et c’est comme ça chaque année. Les parents attendent la dernière minute pour le faire », souligne une directrice d’école maternelle sous anonymat. Sa collègue du primaire est confrontée au même phénomène, d’où son incapacité à donner le chiffre exact des inscrits. « Ils n’atteignent pas 10 inscrits depuis le début des inscriptions.  Les parents viennent en compte goûte»,  renseigne-t-elle.

Pour cette dernière, impossible d’évoquer les problèmes d’argent, car l’école publique primaire est gratuite depuis 2015 au Cameroun. Seul le parent volontaire décide de donner une cote part pour soutenir l’école.

Michèle EBONGUE

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