Santé : Plus 2 millions de cas de paludisme pour 3 mille décès au Cameroun en 2018

Le continent qui compte près de 213 millions de cas de paludisme, a enregistré une baisse significative de la mortalité liée au paludisme selon l’OMS, qui cependant a ralenti depuis 2016.   

Le Nigéria est le pays africain qui regorge le plus grand nombre de cas de paludisme en Afrique. A lui seul, il affiche 25% du nombre total de cas de paludisme de la région, estimé à près de 213 millions en 2018, soit 93%, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans son rapport 2019 sur l’évolution du paludisme dans le monde publié le 4 décembre 2019.

La République démocratique du Congo (12 %), l’Ouganda (5 %), ainsi que la Côte d’Ivoire, le Mozambique et le Niger (4 % chacun) sont les autres pays du continent les plus touchés. Selon le ministre de la Santé publique, le Cameroun a enregistré un peu plus de 2 millions de cas de maladie en 2018 et près de 3 mille décès, soit un taux de mortalité de 14,6%, dont environ 65% chez les enfants de moins de 5 ans. Au niveau mondial, le nombre de cas de paludisme est estimé à 228 millions en 2018, contre 251 millions en 2010 et 231 millions en 2017.

Au cours de la même période, l’Afrique à elle seule, a enregistré 94 % des décès liés au paludisme dans le monde en 2018. Pourtant, elle a aussi représenté 85 % des 180 000 décès en moins dus à la maladie par rapport à 2010.Elle présente la baisse la plus significative de la mortalité liée à cette maladie, qui est passée de 533 000 décès en 2010 à 380 000 en 2018. Malgré ces progrès, la chutedu nombre de décès a ralenti depuis 2016.

L’OMS indique que près de 85 % des décès dus au paludisme dans le monde en 2018 ont été concentrés dans 20 pays de la région Afrique et en Inde. Le Nigéria a représenté à lui seul près de 24 % de ces décès, suivi par la République démocratique du Congo (11 %), la République-Unie de Tanzanie (5 %), ainsi que l’Angola, le Mozambique et le Niger (4 % chacun).  Dans le monde, le nombre de décès dus au paludisme en 2018, est estimé à 405 000, contre 416 000 en 2017 et 585 000 en 2010.Les enfants de moins de 5 ans sont les plus vulnérables face au paludisme. Ils représentent 67 % (272 000) des décès dans le monde au cours de l’année écoulée.

Santé maternelle

La situation des femmes enceintes, reste préoccupante en Afrique.  En 2018, près de 11 millions de femmes enceintes vivant dans des « zones de transmission modérée à élevée » en Afrique subsaharienne auraient été exposées à une infection palustre.Cette même année, souligne cette agence onusienne, la prévalence de l’exposition à l’infection palustre durant la grossesse a été plus forte dans les sous-régions Afrique de l’Ouest et Afrique centrale (chacune avec 35 %), suivies par la sous-région Afrique de l’Est et Afrique australe (20 %). Près de 39 % de cette prévalence a été concentrée en République démocratique du Congo et au Nigéria.Les 11 millions de femmes enceintes exposées à une infection palustre en 2018 ont donné naissance à quelque 872 000 enfants présentant un faible poids à la naissance (soit 16 % de tous les enfants avec un faible poids à la naissance dans ces pays).

Pour protéger les femmes vivant dans des zones de transmission modérée à élevée, l’OMS recommande le traitement préventif intermittent pendant la grossesse (TPIp) par sulfadoxine-pyriméthamine (SP).

En mai 2019, l’Algérie est devenue le troisième pays d’Afrique à être officiellement reconnu exempt de paludisme après Maurice en 1973 et le Maroc en 2010. Le Botswana, l’Afrique du Sud, les Comores, l’Eswatini, le Cabo Verde sont les autres nations africaines qui ont enregistrés de grands progrès en matière d’élimination.

Marie Louise MAMGUE