Smid: 3ans d’existence et toujours aucune réalisation
Source : Communauté Urbaine de Douala (CUD)/DataViz by ADISI-Cameroun

Aucun projet pilote de la Société métropolitaine d’investissement de Douala n’a encore vu le jour. Créée en 2018, l’entreprise fait plutôt face à une guerre de leadership qui oppose le maire de la ville à l’ex délégué de la Communauté urbaine de Douala.

Vallée de la Béssèkè dans le 1er arrondissement de Douala, le site devant abriter le centre de loisirs, l’un des projets pilote de développement de la ville levé par des fonds de la Société métropolitaine d’investissement de Douala (Smid) est casi vide. Des jardins sont aménagés tout autour. Derrière ces potagers, figure une barrière en planche qui sert de délimitation du centre de loisirs. Quelques bâtiments y sont élevés, même si beaucoup reste encore à faire.

                            Source : Communauté Urbaine de Douala (CUD)/DataViz by ADISI-Cameroun

Aucun manœuvre n’est présent, aucun vigile en faction. Le chantier dont les premiers bâtiments semblaient prendre forme est interrompu. Seules quelques plaques informatives présentes sur le site renseignent sur le projet. « Marché N°0002/M/SMID SA./2019 passé après dossier de consultation restreinte N° 11/DC/PCA/SMID/18 du 10/12/2018 pour les travaux de construction d’un parc à loisirs au lieudit Béssèkè-Bonanjo à Douala (phase 1) », peut-on lire.

Selon les commerçants installés à proximité, le chantier est aux arrêts depuis près d’1 an. Pourtant, « ils travaillaient dans la nuit. Et pour avoir un meilleur éclairage, ils allumaient des lampadaires lorsque la nuit tombait », se souvient Serge Ngassa. À en croire Mendoza le jardinier (nom d’artiste Ndlr), ce projet dont les travaux ont brusquement été arrêtés 3 mois environ après leur démarrage aurait pu lui être bénéfique. « J’aurais eu plus de visibilité, le nombre de mes clients se serait accru », affirme-t-il.

A lire aussi :  Forum « S’engager ! - Dialogues Afrique-Europe » : parole à la jeunesse !

Outre la construction d’un parc à loisirs, la Smid a également pour ambition d’aménager le marché New-Deïdo. Sauf qu’ici également, aucun travail n’a été réalisé. Depuis l’annonce de la réhabilitation, seule la sensibilisation des commerçants a été faite. « C’est vrai qu’il y a des hangars qui ont été détruits, mais ce n’était pas une initiative de la Cud (Communauté urbaine de Douala Ndlr), c’était celle de l’ex préfet du Wouri. Mais s’agissant de l’aménagement du marché, l’ex délégué du gouvernement nous a sensibiliser à 2 reprises, puis rien », témoigne Julienne N, commerçante au marché de New-Deïdo.

Cosumaf

Ni les travaux de ce marché estimés à 4 152 323 F Cfa, ni ceux du marché de Bonamoussadi (10 130 000 F Cfa) n’ont encore vu le jour. Pourtant, ces projets y compris celui de la construction de la forêt urbaine (centre de loisirs) dont le coût a été fixé à 2 138 980 F CFa devaient être livrés en 2019, un an après la création de la Smid. « Quand on voit certains investissements à notre niveau, on est parfois porté à croire qu’on est devant une opération de blanchiment d’argent », souligne Jean Marie Biada, expert certifié Onudi mise à niveau des entreprises et expert en investissement.

A contrario, cette société dont l’opération d’appel public à l’épargne visait à mobiliser 10 milliards de FCFA sur le marché financier camerounais mais qui n’a reçu que 5.4 milliards F Cfa auprès des entreprises publiques et parapubliques ainsi que des personnes morales et physiques, se caractérise désormais par une guerre de leadership.

L’actuel maire de la ville Roger Mbassa Ndine se réclame Pca, le poste que Fritz Ntone Ntone, l’ex délégué du gouvernement auprès de la Cud occupe depuis la création de la Smid. Pour Jean Marie Biada, ce conflit met en péril la crédibilité du Cameroun auprès de l’organe de veille. « La Cosumaf à un moment peut vous retirer les accréditations parce que c’est une structure qui est déjà cotée sur le compartiment obligation du marché des titres. Que les gens ne perdent pas de vue là-dessus », indique l’expert en investissement. Pour lui, les deux parties en conflits feraient mieux de mettre un terme à cette bagarre qui n’est ni dans leur intérêt, ni dans l’intérêt de la ville de Douala, ni dans celui du Cameroun.

A lire aussi :  Santé locale : 16% des populations participent aux actions des communes

Michèle EBONGUE

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués avec *.