Suicide: Au Cameroun, le taux de suicide estimé à 19.5pour 100.000 habitants

Cette estimation de l’OMS publiée le 9 septembre 2019, place le Cameroun parmi les10 pays africains qui ont enregistré le taux de suicide le plus élevé entre 2000 et 2016.

Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), le Cameroun fait partie des dix pays africains qui ont les taux de suicide les plus élevés.  Dans son rapport intitulé « Suicide in the World, Global HealthEstmates » publié le 9 septembre 2019, cette organisation indique queces personnes qui se sont données la mort sont estimées à 19.5pour 100.000 habitants en 2016 au Cameroun. Soit 29,9  pour 100.000 hommes et 12,5 pour 100.000 femmes.Pour un total de 2867 victimes, reparties en 864 femmes et 2003 hommes. Un taux qui place le Cameroun à la 5e place africaine.

Les données de l’Oms dégagent un taux moyen de douze suicides pour 100 000 habitants en Afrique, taux qui est de 10,5 au niveau mondial. Les trois  pays les plus exposés sur le continent sont,  le Lesotho (28,9), la Côte d’Ivoire (23) et l’Ouganda (20). Cependant, le  rapport relève qu’il n’y a pas de statistiques pour de nombreux pays d’Afrique. Il  est  recommandé à ces Etat de pousser des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le phénomène et en cerner les causes.

Taux mondial

Globalement selon cet agence onusienne, près de 800 000 personnes se suicident chaque année dans le monde, et beaucoup d’autres font une tentative de suicide.« Toutes les quarante secondes, une personne met fin à ses jours dans le monde », souligne-t-elle. Toutefois, les taux varient largement d’un pays à l’autre, de 5 décès par suicide pour 100 000 habitants à plus de 30 pour 100 000.

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Le suicide intervient à n’importe quel moment de la vie et est  la 2e cause de mortalité, derrière les traumatismes dus aux accidents de la route, chez les jeunes de 15 à 29 ans en 2016. Ce phénomène ne touche pas seulement les  pays à  revenu élevé, mais, tous les pays du monde, principalement les pays pauvres. En fait, plus de 79% des suicides ont été déclarés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire en 2016 tandis que les pays à revenu élevé ont le taux de11,5% pour 100 000 habitants. Près de trois fois plus d’hommes que de femmes mettent fin à leurs jours dans les pays à revenu élevé, alors que dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les différences entre hommes et femmes sont plus ténues.

Si le lien entre suicide et troubles mentaux (en particulier la dépression et les troubles liés à l’usage de l’alcool) est bien établi dans les pays à revenu élevé, de nombreux suicides ont lieu de manière impulsive dans un moment de crise et de défaillance de l’aptitude à faire face aux stress de la vie, tels que les problèmes financiers, une rupture, une maladie ou une douleur chronique. De plus, précise ce rapport, les conflits, les catastrophes, la violence, la maltraitance ou un deuil et un sentiment d’isolement sont fortement associés au comportement suicidaire.

Le nombre de victime, fait du  suicide, un grave problème de santé publique selon l’OMS, qui pourtant peut-être éviter si les Etats optent pour des interventions menées en temps opportun, fondées sur des données factuelles et souvent peu coûteuses. Pour que l’action nationale soit efficace, une stratégie globale multisectorielle de prévention du suicide s’impose. Dans cette logique, un  Plan d’action de l’Oms pour la santé mentale 2013-2020 a été établi et les États Membres se sont engagés à s’efforcer d’atteindre la cible mondiale d’une réduction de 10% du taux de suicide dans les pays d’ici 2020.

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Marie Louise MAMGUE