Télécoms : Ambiance à Nexttel après le licenciement de 50 agents
Les grevistes de Nexttel Cameroun pendant leurs revendications

Il faut montrer patte blanche pour accéder à l’immeuble siège de cet opérateur économique situé à Akwa à Douala. Une autre ambiance de peur et de terreur y règne.

Dès les premières heures de la matinée du mercredi 17 juin 2020, les policiers et gendarmes ont quadrillé la direction générale de Nexttel Cameroun, le troisième opérateur de téléphonie mobile, au quartier Akwa à Douala. Ils montent la garde devant les deux principales entrées de l’immeuble. Ils ont dispersé les employés grévistes qui ont assiégé l’entrée principale de l’immeuble, depuis le jeudi 11 juin 2020. Aucun n’est visible dans les parages. Ce déploiement des forces de maintien de l’ordre intervient au lendemain du licenciement des 50 grévistes qui revendiquent les meilleures conditions de travail.

Au cours de la journée, l’accès à l’immeuble est soumis à une identification par la police ou les agents de sécurité en faction. Dans le hall situé au premier étage, où sont aménagés des postes de travail, quelques sièges sont vides. Certains ordinateurs disposés sur les bureaux sont éteints. Certainement ceux des employés licenciés.

Selon le directeur de la communication, Moussa Ousseini, le personnel congédié est accusé d’abandon de poste de travail et de faute lourde. « Ces 50 personnes licenciées ont tous le niveau bac+1 et bac+2. Nous les avons licenciées pour faute lourde et pour abandon de poste. Pour une société qui compte 1000 employés, on s’étonne que seule une cinquantaine manifeste. C’est devenu un mouvement de rébellion », déclare   Moussa Ousseini, au cours d’un échangé à son bureau. A en croire le responsable de la communication, ces grévistes ont été recrutés sans aucune expérience professionnelle. « Il y a une volonté de sabotage », poursuit-il. Avant d’ajouter que le « préfet du Wouri a pris acte de ce que c’était déjà devenu un trouble à l’ordre public. Il a ordonné aux Forces de l’ordre de les disperser », conclut Moussa Ousseini.

 

Motif de grève

Joint au téléphone dans l’après-midi du mercredi 17, Rabelais Feutseu, un manifestant, avoue qu’ils ont été dispersés par les forces de maintien de l’ordre.  Ce licenciement est tombé après une concertation mardi 16 juin entre les grévistes et leur employeur, présidée par le Préfet du Wouri. Selon un participant, l’entreprise s’est engagée à ne licencier aucun gréviste, à initier un dialogue dès le lendemain, mercredi 17 juin, entre l’employeur et le syndicat, et les grévistes, à reprendre le travail. Une promesse non tenue par l’employeur…

 

Les ex-employés de la structure de téléphonie mobile revendiquent le respect du code de travail et l’amélioration des conditions de travail. Notamment, « l’annulation de réduction de 50% de salaires. La démission du directeur général, du directeur des ressources humaines et du secrétaire général qui, selon eux, estiment que leur mode de gestion arbitre sont à l’origine du pourrissement du climat social au sein de l’entreprise ».

Au bout du fil jeudi 11 juin 2020, à 20h, Benjamin Lavoisier Bote Bakel, gréviste, et par ailleurs coordonnateur du Syndicat National Autonome des Travailleurs des Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication (Syndic), a confié que « les employés de la zone anglophone travaillent sans équipements de protection collective, et sont abandonnés à eux-mêmes. On les kidnappe et l’employeur ne réagit pas. C’est nous les employés qui sommes obligés de cotiser les fortes sommes d’argent, 10000 à 15000 f, pour une rançon de 5 millions F. Cfa ».

 

Riposte

Face à ces multiples revendications adressées au Directeur Général de ladite entreprise par les grévistes, Nexttel, dans un communiqué, bat en brèche toutes les allégations des manifestants.  « La réduction des salaires de 50% est une affirmation fausse. Il est demandé aux grévistes de prouver cette accusation par la production de leurs bulletins de paie qui attestent leurs allégations », peut-on lire. Quant à l’élection du délégué du personnel, l’entreprise fait savoir que c’est une préoccupation au sein de la société et va se tenir dans les meilleurs délais. « L’entreprise traverse une crise et est plus portée à maintenir la qualité du réseau et la sécurité des emplois. Une fois-là situation rétablie, cette élection sera effectuée », rassure le communiqué. La Direction Générale fait également savoir qu’une entreprise déficitaire comme la leur, ne peut pas se permettre de payer le treizième mois quand les charges de fonctionnement ne sont pas couvertes.

 

Cédric Kengne (stagiaire) 

 

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