Violences : La région du Littoral recourt au réarmement moral et civique
Altercation entre un policier et un civil à Douala

Suite aux images et vidéos d’agressions des usagers de la route sur les Forces de maintien de l’ordre, le Gouverneur du Littoral a tenu une réunion avec les leaders d’opinions pour déceler les causes de ce phénomène, et y trouver des solutions.

La mauvaise gestion des frustrations, la mauvaise approche des Forces de maintien de l’ordre à l’endroit des usagers, et le manque de bonne moralité sont, selon les leaders d’opinions réunis le vendredi 10 septembre 2021 aux services du Gouverneur de la région du Littoral, quelques causes des violences orchestrées à l’endroit des forces armées.

Conscient des relations conflictuelles qu’entretiennent très souvent les usagers de la route et les Forces de maintien de l’ordre, Appolos Biame, président national du Syndicat des jeunes transporteurs urbains du Cameroun (Synjetricam), indique que ces tensions partent de l’approche des Forces armées.  « Il est inadmissible que vous interpelliez un monsieur qui a déjà parcouru près de 200 kilomètres comme s’il était un vulgaire bandit en fuite. Avant qu’il n’arrive chez vous, il a traversé beaucoup de contrôles, vous devez lui demander les dossiers du véhicule avec respect, pour qu’en contrepartie, il vous le donne également avec respect. Mais lorsque vous venez seulement avec l’idée d’escroquer, de demander de l’argent, ça ne va coller », lance le transporteur.

Altercation entre un policier et un civil à Douala

Contrairement à lui, le président régional du Syndicat des conducteurs professionnel du Cameroun (Synacopcam) indique que rien ne justifie cette violence subie par les Forces de maintien de l’ordre. « Il est inadmissible qu’un citoyen porte atteinte aux institutions de l’Etat, parce que l’homme en tenue porte le reflet de l’Etat, c’est lui qui incarne la sécurité de notre pays. Quel que soit donc la colère qu’un citoyen peut avoir, il doit se soumettre à la loi, et le faire c’est se soumettre à la personne qui incarne cette loi », a souligné le syndicaliste. Dont les propos n’ont pas été éloignés de ceux des Forces de maintien de l’ordre présente à la rencontre, le cas du Colonel Pierre Aimé Bikélé, commandant de la légion de gendarmerie du Littoral.  « On a l’impression que braver l’interdiction est devenu quelque chose de banal. Pour nous, la force doit rester à la loi, quel que soit la posture qu’on va avoir », a -t-il indiqué.

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Pour justifier les bavures du corps armée, le Colonel Pierre Aimé Bikélé fait mention de la présence des brebis galeuses comme dans tous les corps de métiers. « Les brebis galeuses existent toujours, nous allons continuer à sanctionner systématiquement les dérives, nous allons veiller à ce que force s’applique à la loi et nous allons veiller à ce que cette loi s’applique d’abord à nous-même. Nous avons chacun une hiérarchie, et toute responsabilité pour nous s’accompagner dans cette marche », renseigne-t-il.

Le problème de civisme ayant été le plus mentionné comme cause de cette montée de violence vis-à-vis des forces armées, James Mouangue Kobila Président national de la Commission nationale des Droits de l’Homme du Cameroun note que cela est dû aux carences de l’éducation. D’où la nécessité pour les parents de ne pas satisfaire à tous les besoins de leurs enfants, encore moins à tous leurs désirs. Considéré comme un problème national, Jacques Adelain Terrestra Nang, délégué régional de la Jeunesse et de l’éducation civique pour le Littoral recommande l’entreprise d’un plan de campagne d’éducation civique, qui se fera dans les médias et les chefferies à travers la distribution gratuite des symboles et emblèmes du Cameroun.

Michèle EBONGUE

 

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