Adamaoua : Paralysé par la Covid-19, le tourisme peine à se relever
Source : Délegation Régionale du tourisme de l'Adamaoua/DataViz : ADISI Cameroun

Le secteur est sinistré depuis la notification des premiers cas en mars 2020 dans la région. De nombreux hôtels, lieux d’hébergement ont connu un ralentissement de leurs activités. Depuis la levée des mesures restrictives, la reprise des activités est lente.

« Nous avons connu une baisse des activités touristiques dans la région depuis la survenue de la maladie à coronavirus. Dans le département de la Vina, nos sites les plus fréquentés sont le lamidat de Ngaoundéré, le Lac Tison, la fantasia etc. Ceux-ci sont restés fermés pendant près de 10 mois. Ce qui a constitué un manque énorme pour nous et les acteurs de terrain », regrette Issa Bassané, délégué départemental du tourisme et des loisirs de la Vina.

Selon lui, sur les 19 sites accessibles aux touristes en toute saison, à peine 10 ont été visités. Cette faible fréquentation s’explique par les restrictions ordonnées par les pouvoirs publics afin de faire face à la pandémie. « Vous savez bien que le tourisme est une activité de mobilité et de contact et avec les mesures barrières édictées par les pouvoirs publics, beaucoup de nos sites sont restés fermés aux visiteurs. Nous avons le cas des musées des chefferies traditionnelles, les festivals traditionnels et la fantasia. La Covid-19 a laissé des traces négatives sur cette activité », ajoute-t-il.

Dans le secteur de l’hôtellerie, le passage de la maladie a été à l’origine d’importants manques à gagner. Les acteurs se plaignent des affres de la pandémie qui ont laissé des traces qui prendront du temps pour être comblées. « Nous avons retardé l’ouverture de notre structure, parce qu’elle était sur la liste des sites qui devaient abriter les patients mis en quarantaine. Garder un hôtel hors fonction pendant des mois n’est pas du tout facile à gérer étant donné qu’il faut continuer à s’occuper du personnel et l’entretien des locaux (ndlr) » observe Mohamadou Awalou, gérant de l’hôtel Oasis.

Depuis la levée partielle des mesures restrictives liées à la maladie à coronavirus, le secteur tourisme et loisirs reprend progressivement ses marques. De plus en plus, les touristes locaux et étrangers sillonnent la région. A ceux-ci, s’ajoutent les élèves et les étudiants qui font des excursions, participant ainsi à l’animation des activités dans la région. « Les sites les plus visités dans la Vina restent dominés par le lamidat de Ngaoundéré avec son musée et sa fantasia, le long Tison, le Bois de Mardock, les chutes de la Vina et de Tello. En dehors de la Vina, je puis vous dire que la source de la Sanaga, du côté de Garga Limbona dans le Mbéré est aussi de plus en plus visitée. Que ce soit les étrangers et les nationaux. Ils le font pour deux raisons principales, les études et les distractions », affirme le délégué départemental de la Vina.

Cette reprise, quoi que lente permet aux acteurs de se frotter les mains en attendant que le secteur retrouve ses lettres de noblesse. « Depuis mai 2021, nous sommes à une moyenne 10 clients par jour. Chez nous, notre site allie hébergement et écotourisme. Nous avons les animaux comme les singes, les chameaux, les autruches et même des étangs piscicoles. Le visiteur est logé et peut se détendre en toute quiétude », confie Mohamadou Awalou.

Selon les responsables du tourisme et des loisirs de la région, l’Adamaoua est l’une des régions les plus visitées par les touristes étrangers et nationaux. Sur les 89 sites recensés à ce jour, 71 sont accessibles en toute saison. Que ce soit à pied, à moto ou en voiture, le visiteur peut accéder dans les principaux sites sans souci majeur.

Les 18 qui ne sont pas accessibles le sont du fait du manque d’aménagement des voies d’accès et de leur sécurisation. « Nous comptons, pour ce qui est de la Vina trouver les moyens nécessaires afin de valoriser la destination de notre département. Avec cette relance progressive, nous croyons fermement que le tourisme aura des beaux jours devant lui. Notre souhait ce que les habitants du département découvrent et participent à la valorisation de ces immenses richesses de la nature. La stratégie à mettre en œuvre sera les sorties mensuelles » projette le délégué départemental.

Jean BESANE MANGAM

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