Cacao : A l’Ouest, le prix du Kg atteint un record inédit de 3 300 F Cfa
Un magasin de stockage des fèves du cacao ©ONCC

Cette progression des prix qui réjouit les cacaoculteurs est le résultat des ventes groupées et de l’actualisation régulièrement faite par l’Office national du cacao et du café. Une performance enregistrée dans tout le pays qui présente une évolution à la hausse de 200%, selon le ministre du Commerce.

Joseph S. est satisfait des revenus récoltés lors de la vente de son stock de cacao. Ce cacaoculteurs de l’arrondissement de Kékem, dans le département du Haut-Nkam à l’Ouest, a réalisé sa plus grande transaction lors de la vente groupée du 20 février 2024 à Kekem. Engagé dans cette activité depuis près de cinq ans, cet homme de 38 ans rêve désormais d’un bel avenir professionnel depuis que le Kg de la fève du cacao est vendu à 3.360 F Cfa dans sa localité. La même quantité oscillait entre 1 800 et 2 200 F Cfa.  « Un tel record n’a jamais été atteint ces dernières années », relève-t-il. Une performance qu’il attribue « à l’organisation des ventes groupées par les producteurs regroupés en coopérative ».

Une stratégie à encourager selon le Dr Boris Soh Wenda, économiste agricole qui salue « la capacité des cacaoculteurs à négocier les prix pour la vente de leurs récoltes en groupe via les ventes groupées sous la bannière de leurs coopératives ». A en croire cet économiste agricole, ces records jamais enregistrés par le passé, sont aussi dus à une offre inférieure à la demande. « La Chine a augmenté sa demande de cacao de manière exponentielle ces dernières années. La Côte d’Ivoire et le Ghana, principaux producteurs ont enregistré de mauvaises récoltes à cause des mauvaises conditions climatiques. Dont on observe une baisse de productivité dans plusieurs pays producteurs de cacao », dit-il.

En effet, l’Organisation internationale du cacao (Icco) estime à 1,8 million de tonnes la production de la Côte d’Ivoire. Pourtant, un an plutôt, ce pays contribuait à hauteur de 2,24 millions de tonnes de cacao à l’offre mondiale. La production du Ghana est estimée à 580.000 tonnes environ, contre 654.000 tonnes en 2023.

Au Cameroun, communique le Ministre du Commerce, le prix au producteur aura été multiplié par trois, soit une évolution à la hausse de 200%. Le prix officiel du kg pratiqué le 20 février 2024 était de 3 100 F Cfa à Makénéné (Centre), 3 360 F Cfa à Kékem (Ouest) et 3 300 F Cfa à Batchenga (Centre). Quelques semaines avant, le prix du kg était fixé à Douala à 3 000 F Cfa. Soit une augmentation par rapport à la mise à jour faite par l’Office national du cacao et du café (Oncc) le 14 février 2024, qui était de 2 750 F Cfa et de 2 900 F Cfa. Il coûtait 2 520 F Cfa lors du lancement de la saison cacaoyère 2023-2024 à Meyomessala, dans le Sud, le 20 janvier 2024.   « C’est un moment jamais connu par les producteurs. Nous sommes plus déterminés à investir dans le cacao », confie Paul Alain Ntang, producteur de cacao à Santchou, qui, comme les autres producteurs, se réjouit de cette progression du prix au Kg de la fève de cacao.

Pour le Dr Boris Soh Wenda, « la production locale pourrait être stimulée » avec cette hausse du prix. Cependant, l’économiste agricole signale que « les cours de cacao sont susceptibles de chuter à tout moment ». A cet effet, il conseille aux cacaoculteurs confrontés aux difficultés d’accès aux crédits bancaires de « profiter de la situation actuelle, mais de rester prudents et surtout de miser sur l’adoption des bonnes pratiques agricoles voir l’adhésion aux standards de certification afin de garantir la production d’un cacao de qualité seuls gages de la compétitivité des produits sur le marché mondial ».

Aurélien Kanouo Kouénéyé

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Agribusiness

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