Consommation : les prix des denrées flambent dans les marchés de Douala
Une vue du marché Double ball au quartier Bépanda à Douala

Les prix des denrées flambent dans les marchés de Consommation à Douala

Alors que les ménages se plaignaient déjà de la vie chère, la hausse du prix des carburants de février 2024 vide encore plus le panier de la ménagère les prix flambent dans les marchés de Consommation.

Sous un soleil de plomb, Alphonsine déambule depuis plusieurs minutes entre les étals de tubercules, légumes et autres vivres frais. Ce jeudi matin, 7 mars 2024,  au marché de Bonamoussadi, situé dans l’arrondissement de Douala 5e, la quinquagénaire ne cache pas sa frustration à chaque fois qu’elle a la réponse à sa question sur le prix d’un tas de manioc les prix flambent dans les marchés de Consommation. « C’est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois avec la hausse des prix. Tout a augmenté au marché, même les tas de manioc ne se ramassent plus à 500 F Cfa comme avant. Maintenant si tu veux manger le Ikok-manioc (l’un des mets traditionnels de la région du Centre, Ndlr), le petit tas de manioc commence à 1 000 F Cfa. Et si tu n’as que 10.000 F Cfa de ration par semaine, tu fais comment ? », se désole Alphonsine F.

Rencontrée au marché de la Cité-Sic dans l’arrondissement de Douala 5e, Danielle Nokam avoue aussi ne plus parvenir à bien nourrir sa petite famille de cinq personnes, dont deux adultes et trois enfants. En sueur, le visage fermé, la quadragénaire affirme être épuisée face aux coûts élevés des denrées dans les marchés. « Rien ne va les prix flambent dans les marchés de Consommation. Que ce soit la viande, le poisson, les tubercules ou même les légumes, les prix continuent de s’envoler », fulmine Danielle. Elle poursuit : « Il m’arrive de tourner des heures durant au marché, à la recherche du meilleur rapport qualité-prix. Mais au final, je rentre toujours avec un panier à la limite vide, par rapport à l’argent que j’ai déboursé. Impossible de marchander aujourd’hui avec les commerçants ».

Josette, vendeuse d’huile végétale au marché de Bonewonda, tente de justifier l’augmentation des prix des produits alignés sur son comptoir. « Le taximan n’accepte plus ce que je lui donnais avant. Au lieu de 1 500 F Cfa, il demande maintenant 2 000 F Cfa de Ndokoti où mon fournisseur se trouve, jusqu’ici à Bonewonda », explique Josette. L’augmentation du prix du transport suite à la hausse du carburant est également la raison principale avancée par d’autres vendeurs rencontrés. Sans cacher son exaspération, François D. a d’ailleurs tôt fait d’établir le lien entre la hausse du prix du carburant à la pompe et la flambée des prix des denrées et autres produits dans les marchés. « Depuis février 2024, le litre de super coûte 840 F Cfa, le gasoil est actuellement vendu à 828 F Cfa, contre 720 F Cfa auparavant les prix flambent dans les marchés de Consommation. Moi qui vends les œufs, je paie le cargo de Bafoussam à Douala à 1 100 F Cfa par carton au lieu de 700 F Cfa comme l’année passée », confie-t-il. Une vendeuse de tomates au détail renchérit : « Vous avez par exemple le prix du cageot de tomate qui est passé de 5000 F Cfa à 1 2000 F Cfa, le sac de pommes de terre de 20 000 F Cfa à 26 000 F Cfa et les oignons quant à eux, le sac est passé de 20 000 F Cfa à 35 000 F Cfa. »

Dans son rapport sur « l’évolution de l’inflation en 2023 et perspectives pour 2024 », l’Institut national de la statistique (Ins), relève que ces tensions inflationnistes partent de 2021 avec la Covid-19, de 2022 avec le conflit Russo ukrainienne, et s’intensifient jusqu’en 2023 avec un taux d’inflation de plus de 7,4%. C’est la troisième fois en 29 ans, indique cette institution, que le Cameroun connait un taux d’inflation aussi élevé après respectivement 32,5% et 9,0% en 1994 et 1995 à la suite de la dévaluation de 50% du Franc CFA les prix flambent dans les marchés de Consommation .  Avec la révision des prix du carburant souligne l’INS, le taux d’inflation devrait se maintenir aux alentours de 7% en 2024.

Téclaire BIGERTH et Hyacinthe TEINTANGUE

Ce reportage a été réalisé dans le cadre du programme de la formation des étudiants en communication des organisations et communication des médias et culture numérique de l’Université de Douala, en Datajournalisme en partenariat avec ADISI-Cameroun.

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