Cameroun : la consommation du cannabis gagne du terrain

La consommation du cannabis au Cameroun

Les résultats des 19 Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie fonctionnels au Cameroun, renseignent qu’en 2023, 1719 consommateurs de drogues y ont été admis et le cannabis avec 34%, est le stupéfiant le plus consommé au cours des trois dernières années la consommation du cannabis au Cameroun.

En observant l’évolution des admissions pour troubles mentaux dans les formations sanitaires de 2021 à 2023, on remarque une diminution de l’incidence de la dépression entre 2022 (7994 cas) et 2023 (4635) tandis que celles des troubles liés à la consommation de la drogue montre une tendance à la hausse sur la même période.

Les résultats obtenus des 19 Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie(Csapa) fonctionnels au Cameroun renseignent qu’en 2023, 1719 consommateurs de drogues y ont été admis. Les hommes sont 08 fois plus nombreux que les femmes la consommation du cannabis au Cameroun. Les jeunes âgés de 15 à 34 ans constituent 81,3% de ces admissions, avec une forte prédominance de ceux âgés de 20 à 24 ans, suivis de la tranche de 25 à 29 ans.

« De nos jours, on a une jeunesse particulière parce qu’exposée à la mondialisation qui a apporté beaucoup d’ouverture, donc beaucoup de possibilité. Et aussi, quand on parle de précocité, on voit des pré-adolescents ou des adolescents qui commencent à se droguer. Il se passe que naturellement à cette période, on est dans un ensemble de remaniement sur le plan biologique et sur le plan psychologique », explique la psychologue, Pr Mireille Ndjé Ndjé au sujet de l’exposition des jeunes aux stupéfiants la consommation du cannabis au Cameroun. Elle ajoute : « Il y a les changements identitaires qui s’accompagnent des effets comme le désir d’acquérir son autonomie, alors tout ça fragilise ces jeunes sur le plan mental ce qui fait qu’ils ont besoin de support pour tenir et faire face à toute cette adversité que leur impose l’environnement ainsi que leur corps physique et leur corps mental ».  

Concernant les drogues consommées, le cannabis (34%) est le stupéfiant préféré des Camerounais au cours des trois dernières années, ressort ledit rapport. Suivent l’alcool (19%), le tabac (16%) et le tramadol ou tramol (13%) la consommation du cannabis au Cameroun. Une fois encore comme pour le cas de la psychose, le Centre et le Nord-Ouest sont les régions camerounaises les plus touchées avec la région de l’Est.

A en croire le sociologue, Pr Claude Abé, « c’est tout à fait normal que le Nord-Ouest soit encore cité ; il a été montré que les jeunes gens enrôlés dans les groupes séparatistes se droguent en longueur de journée pour se donner du courage dans leurs sales besognes » la consommation du cannabis au Cameroun. Au sujet de la région du Centre, explique le sociologue, ça semble encore cohérent car dans un univers ou les gens peinent à trouver un emploi et qu’ils se déversent dans les jeux de hasard, le désespoir qui les habitent peut aussi amener nombreux d’entre eux à consommer le cannabis qui est l’expression d’un désespoir. Un désespoir qui est aussi une volonté de fuir la réalité dans la dureté qui est la sienne.

Pour faire face à ce fléau qui affecte de plus en plus les jeunes, la Sœur Agathe, formatrice et conseillère des jeunes dans une paroisse de l’église catholique à Yaoundé recommande la multiplication des centres de prise en charge de ces cas et les doter d’un personnel qualifié. Elle recommande aussi aux parents d’être très présents dans la vie de leurs enfants et d’être à leur écoute la consommation du cannabis au Cameroun. « Il ne faut pas les faire culpabiliser. Il faut beaucoup les écouter en les emmenant à vous faire confiance », recommande-t-elle.

 Mélanie Ambombo

Mots – clés :

Consommation de drogue

Leave comment

Your email address will not be published. Required fields are marked with *.