Chan 2021 : Une 4e participation, un défi au bercail pour les Lions A’

Très critiquée pour ses contreperformances à quelques jours de la 6e édition du Chan, la sélection nationale A’ va à la conquête de son premier titre à domicile.  

Un match nul, 2 buts marqués et 5 concédés. Une contreperformance des Lions A’, qui a fait perdre la langue au sélectionneur national, Matin Ndtoungou Mpile au terme du mini tournoi préparatoire au Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2021 qui s’est déroulé du 1er au 7 janvier 2021 à Yaoundé. Le pays hôte de la 6e édition du Chan occupe la dernière place avec un point, respectivement derrière l’Ouganda, 1er avec 7 points, la Zambie et le Niger qui ont respectivement 4 points. « Je suis très déçu. On a perdu une fois de plus, j’essaie de réfléchir. Je n’ai aucune déclaration à faire », regrette le sélectionneur camerounais.

A quelques jours du coup d’envoi de la phase finale du Chan, prévu du 16 janvier au 7 février 2021, la sélection nationale camerounaise ne rassure pas. Sur le plan tactique et collectif, la troupe de Ndtoungou Mpile cherche encore ses marques. Même lors des matchs amicaux contre les clubs locaux de première et deuxième division, les résultats des Lions A’ ont laissé les supporters sur leur faim. Mais, « tout est encore possible », dixit Ndtoungou Mpile qui a repris les rênes de l’équipe nationale à quelques semaines de la compétition, après le limogeage de Yves Clément Arrroga.

                                                      Source : Fecafoot/DataViz by ADISI-Cameroun

Peut-être ! Toutefois, analyse le technicien sportif Martin Billé Tanga, les mauvais résultats ne mettent probablement pas l’équipe en confiance. Selon lui, l’équipe ne se porte pas bien actuellement, c’est évident et les résultats sont là pour en attester. « L’absence de championnat local est un énorme handicap pour le staff et l’équipe. Les tournois de vacances ne peuvent être la solution miracle pour la sélection des joueurs. Une équipe se nourrit de résultats.  Il est extrêmement difficile d’avoir une équipe très performante sans compétition. Le rythme de compétition s’acquiert surtout en compétissant. La culture de la gagne sans préparation logique préalable est un sport camerounais. Notons toutefois que le Cameroun n’a pas l’habitude de remporter les grandes compétitions qu’il organise. Très peu de pays ont remporté le trophée du CHAN à domicile », soutient-il.

Groupe

Logé dans le groupe A, le Cameroun affrontera au Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, le Zimbabwe (en match d’ouverture le 16 janvier), le Mali et le Burkina Faso à la phase de poule. « Le Cameroun peut se sortir de ce groupe », espère Martin Billé Tanga. Le problème actuellement, relève-t-il, n’est pas la qualité des adversaires, mais, la prestation de la sélection. Pour lui, il serait judicieux de permettre aux joueurs de faire un break, de se couper un peu de la spirale de mauvais résultats qui empoisonnent probablement leurs esprits et ébranlent leur confiance. « La perspective de l’organisation de cette compétition à domicile, à cause des enjeux, est certainement très stressogène pour les joueurs et le staff, étant comme ils le sont, soumis à une pression permanente et qui peut être dévastatrice », note le coach.

Le principal défi de l’équipe camerounaise à cette compétition est de décrocher son premier titre, et compter désormais parmi les 5 nations vainqueurs du Chan. La République Démocratique du Congo l’a remporté en 2009 et 2016, alors que la Tunisie (2011), la Libye (2014) et le Maroc, tenant du titre ont inscrit une fois leur nom au palmarès. Seize équipes, réparties en quatre groupes sont en lice.

Pour sa 4e participation, même si les résultats du Cameroun en préparation laissent planer un doute, affirme Billé Tanga, rien n’est impossible ; des solutions techniques existent, surtout que c’est une compétition jouée à domicile. « Parfois, un bon match, des joueurs poussés par le public, un résultat satisfaisant, peuvent créer une synergie et une dynamique de groupe extraordinaires, pour sublimer l’équipe et l’amener vers les cimes, à contre-pied d’une logique plus sportive et technique.  Beaucoup de choses restent possibles dans le football, si on s’en tient aux résultats des matchs de préparation », explique cet entraineur.

Ndtoungou Mpile et ses hommes ont du pain sur la planche, surtout face aux équipes avec des joueurs actifs dans leurs championnats locaux. « Les sélections des pays ayant un championnat en activité et performant, avec des clubs qui brillent en compétitions interclubs actuellement, auront plus de chances que les autres », souligne le coach Tanga.

Marie Louise MAMGUE

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