Chan 2021 : Une préparation timide à « Bepanda Omnisport »
La route en chantier

A la veille du Championnat d’Afrique des nations, les populations riveraines au stade de la Réunification de Douala sont sceptiques sur la portée de cette compétition, au point de ne pas miser gros sur les activités porteuses.

Sur la route qui mène au stade de la Réunification de Douala au quartier « Bepanda Omnisport » dans l’arrondissement de Douala 5e, les conducteurs de moto n’ont pas d’autres choix que d’arborer des masques de protection. Alors que les mesures barrières contre la Covid-19 sont de moins en moins respectées dans la capitale économique, les usagers de ce tronçon, portent des masques non pas pour se protéger de la pandémie, mais, de la poussière qui pollue la rue en chantier.

Plus d’une cinquante de camions sont stationnés de part et d’autre. Des tas de sable sont déversés sur la partie qui, visiblement, sert de trottoir. Des ouvriers vêtus d’un chasuble vert citron gravé Razel, l’entreprise en charge de réaliser les travaux sur ce tronçon, sont à pied d’œuvre. « Il ne s’agit pas des travaux du Chan. Cette route est faite pour les camerounais, et les travaux vont s’achever le moment venu », souligne un responsable du chantier sous anonymat. Impossible d’en tirer plus, ni sur la réalisation, ni sur la fin des travaux.  L’employé de Razel demande de patienter jusqu’à la fin des travaux pour enfin découvrir le chef-d’œuvre. « Vous pouvez néanmoins constater ce qui se fait sur place, mais pour le reste, je ne peux rien vous dire », conclut-il.

Préparation

Aux alentours du stade, rien ne montre que le Championnat d’Afrique des nations (Chan) va s’y dérouler. Aucune nouvelle activité n’est en vue. Les gros, les moyens et les petits porteurs sont stationnés comme à l’accoutumé, aux abords du stade annexe. Aucune affiche, aucune banderole n’est perceptible ici, un fait qui semble inquiéter les riverains. « Il n’y a aucun mouvement qui prouve que l’événement va se tenir, c’est timide. Il n’y a pas de show », souligne Michel Tanekeu, chauffeur de gros porteur.

Commerçante, Jeanne Koloko Mounkam, craint de faire un investissement important en prélude à ce rendez-vous africain de football, sans rien recevoir en retour. « J’ai envie de miser sur les maillots, mais j’hésite. Peut-être que ce sera moins timide la semaine prochaine (semaine du 18 janvier Ndlr) », espère cette commerçante qui doute également des performances de l’équipe nationale.

Malgré cela, Jeanne avoue s’être ménagée pour le Chan qui se tient du 16 janvier au 7 février 2021. « C’est Jeudi (14 janvier) que je vais entrer en possession des maillots. Si j’ai la chance d’avoir ceux des autres pays, je vais en acheter. Tout ce que je pourrais associer à cela, ce sont les godasses », explique la commerçante. En plus de la vente de ces gadgets sportifs, elle ambitionne mettre un écran Tv et des chaises à l’extérieur de son espace de vente. « Ce sera pour les personnes qui ne pourront pas payer le ticket d’entrée au stade. Elles vont regarder le match en direct à la tv à côté du stade. Elles pourront même voir les joueurs lorsqu’ils quitteront le stade », s’en réjouit Jeanne Koloko Mounkam. Seulement, pour être compté parmi ces privilégiés, il faudra, informe-t-elle, acheter au préalable une boisson.

Question assainissement, les mesures sont déjà prises. « La Communauté Urbaine de Douala nous a demandé la semaine dernière de ne plus garer en bordure de route. Elle a délimité la zone », renseigne Eric Chuikou, chauffeur de gros porteur. Le camp qui sert de lieu de stationnement aux véhicules de Douala, Bafoussam, Rca, et du Tchad, … devra désormais contenir moins de véhicules. « L’espace ne pourra pas tous les contenir. Ne vont garer ici que ceux qui arriveront tôt », relate Eric Chuikou.

Michèle EBONGUE

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