COVID-19 : Les dispositifs préventifs facultatifs à Yaoundé
Un dispositif de lavage de mains à Yaoundé

Pourtant d’après le rapport de situation du 16 décembre 2020, la région du centre enregistre à ce jour 10908 cas positifs dont 160 nouveaux cas enregistrés entre le 9 et le 15 décembre. Le nombre de cas guéris est de 6906 contre 123 décès.

« Les masques de protections sont devenus le business des vigiles et autre personnel d’accueil.  Une fois que ces derniers vous ont refusé l’accès aux grandes surfaces, il n’hésite pas à vous orienter vers leurs complices qui, à leur tour, vous offres des services soit de locations des masques de protections réutilisables, soit d’achat définitif d’un masque qui vous convient », Alidou Assam, client dans ce supermarché.

Dans certaines grandes surfaces et des établissements hôteliers de la ville de Yaoundé, l’accès demeure conditionné par le port obligatoire d’un masque de protection. Seulement, une fois la porte franchie, le port du masque devient facultatif. Seul quelque client sur la trentaine d’usagers rencontrés le samedi 19 décembre à l’une des agences du supermarché Dovv porte effectivement le masque à l’intérieur. Le constat est le même chez le personnel en services dans ces surfaces.

Un dispositif de lavage de mains à Yaoundé

Bien que la région du centre continue d’enregistrer de nouveaux cas de Covid -19, le relâchement des mesures barrières et autres stratégies de prévention et de lutte contre la propagation de la pandémie reste perceptible dans tous les segments de la population. La recrudescence des cas d’infections en zones rurales, illustrée par l’enregistrement de nouveaux cas dans les villes de Ndikiniméki (3), de Soa (43), Obala (31) et Yoko (8) atteste le fait que les populations semblent avoir relâché dans la lutte contre la pandémie.

Dans la ville de Yaoundé qui compte près de 82% des cas de la région, les dispositifs de préventions mises en place entre autres, par des particuliers, les Ong, les structures gouvernementales, ont disparu laissant place à l’insouciance et au non-respect des mesures barrières.

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Au palais des sports par exemple, site de grand regroupement et qui sert également de site de prélèvement et de tests de Covid-19, un seul dispositif de lavage des mains est encore opérationnel. Les autres dispositifs de désinfection avec détection automatique des usagers, vantés à grand renfort de publicité, et autres fois disposées à toutes les entrées de cet imposant édifice sont désormais inexistants.

Dans les transports publics et interurbains, le respect des mesures est quasi inexistant. La surcharge dans les véhicules taxis et autres cars de transport est de retour. Dans les agences de voyage tel que Fitness, Général express, Garanti express, United express, et Danay Express, aucun dispositif de lavages des mains ou de distanciations sociales n’est visible. Pourtant, il y’a quelques mois encore, ces agences exigeaient systématiquement le port de masque et le respect de la distanciation sociale au sein leur installations.

Un relâchement de la population, qui se ressent chez certains producteurs des masques et autres dispositifs de protections, qui ont simplement stoppé leur production à cause de la faible demande sur le marché. C’est le cas des Laboratoire Therry, une jeune entreprise qui s’est illustrée depuis quelques mois dans le développement des solutions locales en ce qui concerne la fourniture des dispositifs de protections et de désinfections.

Entre mars et juillet 2020, cette junior entreprise qui a dû réadapter sa production pour aider à la riposte de la Covid-19, a produit près de deux millions trois cent mille masques certifiés Anor et près de 5000 litres de gel hydro alcoolique. L’essentiel de la production de cette entreprise spécialisée dans la fabrication du matériel médical était destiné aux personnels médicaux, aux particuliers et à certaines institutions parmi lesquels les entreprises publiques et privés et les partenaires au développement.

Selon son Directeur Général, Tony Njappa « depuis le mois d’octobre, nous avons dû réduire notre capacité de production de près de 52% et nous avons également démantelé certaines de nos dispositifs technologiques de désinfections notamment nos cabines de désinfections électroniques car nous avons remarqué que les usagers ne les utilisent plus ».

Du côté du gouvernement, les autorités locales ont également relâché les efforts de communications et de sensibilisations sur la pandémie auprès du publique. Ainsi, des caravanes d’information et les opérations de contrôle entreprissent en début d’année connaissent une baisse considérable. Au sein des administrations, le dispositif de prévention, port de masque obligatoire y compris est également inexistant. Une situation qui a contribué à la hausse des cas positifs dans cette région

D’après le rapport de situation du 16 décembre 2020, la région du centre enregistre à ce jour 10908 cas positifs dont 160 nouveaux cas enregistrés entre le 9 et le 15 décembre. Le nombre de cas guéris est de 6906 (dont 19 au cours des 7 derniers jours) contre 123 décès. Le cumul des femmes enceintes infectées est de 26 cas localisés dans 7 des 25 UPEC encore actifs. Au niveau global, le Cameroun compte à ce jour 10908 cas positif parmi les quel 124 personnels de santé infecté, 6906 cas guéris et 123 décès.

Emmanuel Batake

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