Consommation : En hausse, l’inflation au Cameroun atteint 2,5% en 2019
Source: INS/DataViz by ADISI-Cameroun

Même si le niveau pourrait se replier autour de 2,0% en 2020, d’après les prévisions de l’INS, le Cameroun a enregistré le taux d’inflation le plus élevé en 2019 sur les 4 dernières années, après les 2,7% de 2015.

L’inflation pourrait reculer en 2020, d’après les prévisions de l’institut nation de la statistique (INS) du Cameroun, dans son dernier rapport sur l’évolution de l’inflation en 2019, en passant de 2,5% à 2,0%. Mais pour obtenir ce résultat, il serait souhaitable que le Gouvernement poursuive sa politique de lutte contre la vie chère notamment par le maintien de son soutien aux services sociaux de base, le contrôle de l’application des prix homologués des produits de première nécessité à l’instar du riz, du poisson, et du sucre. « La pratique stricte des conditions d’accès aux devises, l’application des droits d’accise sur certains produits importés, la persistance de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que le retour des inondations dans l’Extrême-Nord sont des sources inflationnistes potentielles », souligne-t-il.

D’après cette institution, il faut aussi que l’Etat reconnaisse le statut de zones économiquement sinistrées aux régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, afin de contribuer à l’amélioration de la situation sécuritaire pour la reprise des activités économiques. « Sous l’hypothèse des conditions climatiques favorables et en l’absence d’autres chocs endogènes et exogènes ayant un impact significatif sur l’envolée des prix, l’inflation pourrait se replier autour de 2,0% en 2020 », explique l’INS.

En effet, d’après cette analyse, le niveau général des prix a atteint 2,5% en 2019, une forte hausse par rapport au 1,1% de 2018. C’est le taux le plus élevé selon l’INS, depuis les 2,7% enregistré en 2015. Il était établi à 0,6% en 2017 et 0,9% en 2016. La ville de Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest présente le taux d’inflation le plus élevé, qui est de 4,8%, après 1,1% en 2018. C’est la plus forte hausse enregistrée dans un Chef-lieu de région depuis 2012 à en croire l’INS. Cette hausse est également observée à Buéa dans le Nord-Ouest, qui a enregistré un taux de 3,4% après 2,0% en 2018.  Bafoussam à l’Ouest, Ebolowa dans le Sud et Yaoundé au Centre, complètent la liste des cinq premières villes qui ont une forte hausse avec respectivement, 2,7%, 2,6% et 2,4%. Le taux d’inflation a par contre décéléré à Bertoua (2,0% après 2,8% en 2018) et est resté stable à Maroua (0,7% comme en 2018).

Globalement, Cette hausse du niveau général des prix est la conséquence du renchérissement des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (2,9%), des restaurants et hôtels (5,7%), ainsi que des articles d’habillement et chaussures (2,8%). Les prix des produits alimentaires augmentent du fait surtout de la progression des prix des fruits (10,0%), des légumes (6,7%), du sucre, confiture, miel, chocolat et confiserie (4,2%), des viandes (3,5%) ainsi que des poissons et fruits de mer (2,7%), indique l’INS. L’insécurité qui dure dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016, qui font partie des grandes zones de production vivrière, ainsi que les inondations dans l’Extrême-Nord, auraient impacté négativement l’offre en produits vivriers tout en augmentant la demande de ces produits en milieu urbain.

Marie Louise MAMGUE

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