Consommation : Le sac de farine passe de 9 000 F Cfa à 9 500 F Cfa

Contrairement à certains vivres frais dont les prix deviennent abordables, le coût du sac de farine de 25 kg et celui du carton d’huile connaissent une inflation de 500 F Cfa chacun sur le marché local.

Installé derrière son comptoir au marché Sandaga à Douala, Idriss interpelle toutes les personnes qui prennent le couloir qui mène à son espace de vente. Ce commerçant dispose encore d’une dizaine de cageot de tomates, dont 6 exposés. Il est environ 12 heures ce mardi 22 juin 2021, le commerçant ne cède ni aux caprices, ni aux exigences des clients. « Madame je ne sors pas la tomate du cageot, je vous ai dit que c’est de la bonne qualité, c’est de la tomate triée », lâche-t-il à une cliente qui, insatisfaite de sa réponse, s’est tournée vers ses concurrents installés à un jet de pierre de lui.

Commercialisé entre 7 000 F Cfa et 7 500 F Cfa, Idriss confie que le cageot de tomate a baissé par rapport aux mois précédents. « Il y a 2 mois, le prix du cagot variait entre 15 000 F Cfa et 16 000 F Cfa », informe le commerçant qui rappelle néanmoins que les prix ne sont pas les mêmes partout, et que chaque commerçant vend selon son coût d’achat. Le cas de Charlène K, qui renseigne que « le prix du cageot varie entre 5 000 F Cfa et 5 500 F Cfa », en ajoutant que la variation de ces prix est due au fait que la tomate est un vivre frais, et que le prix peut varier d’une journée à l’autre. « D’ailleurs, il peut même arriver que les prix baissent ce soir, ou demain matin », explique-t-elle.

Comme la tomate, la carotte et le poireau connaissent eux aussi une baisse de prix sur le marché. Le prix du poireau qui oscillait entre 3 000 et 3 500 F Cfa il y a 2 mois, revient à 2 000 -2 500 F Cfa. Une chute qui à en croire Amza Mopa, grossiste, est due à leur abondance sur le marché. « Cependant, déplore-t-il, il n’y a pas de clients, le marché est vide. »

Fruits

Si le prix de certains vivres frais est abordable, celui des fruits et de certains tubercules ne cesse de grimper. La papaye par exemple est rare sur les étals, et son coût trois fois plus chers. La banane plantain, le macabo, les ignames, sont en plus d’être introuvables, extrêmement coûteux. « Il est de plus en plus difficile de faire le marché avec 5000 F Cfa. Le poisson, qu’il soit frais ou sec, n’est plus à la portée du camerounais moyen. Tout est cher alors qu’il y a moins d’entrée financière avec la crise sanitaire », déplore Irène Masock, une ménagère.

Au marché Mboppi à Douala, Data Cameroon, apprend que le prix de la farine de blé est en hausse depuis pratiquement 1 mois. « Le sac de 25 kg est passé de 9 000 F Cfa, à 9 500 F Cfa », renseigne Paul Eyock, commerçant. Outre ce produit, l’huile de palme raffiné Mayor est passé de 16 000 F Cfa à 16 500 F Cfa. « Nous sommes déjà en saison pluvieuse, et les noix ne murissent pas rapidement. Généralement, le prix de l’huile augmente de juin à novembre, donc cette hausse de prix peut se comprendre », confie Léopold Noutouo. Qui comme Paul, assure que le prix du riz est en hausse depuis le début de la crise sanitaire. « Depuis l’arrivée de la Covid-19, ce sont pratiquement tous les produits qui ont augmenté, même le prix des insecticides a grimpé. Seuls les produits locaux comme les spaghettis, ont gardé leur prix initiaux », révèle Léopold Noutouo.

2020

Dans sa note sur l’évolution des prix à la consommation finale des ménages à Douala en mai 2021, l’INS indique que les prix des produits locaux ont progressé (+2,1% après +2,2% le mois dernier), ceux des biens importés évoluent au même rythme que le mois dernier (+1,5%). Par rapport à la même période en 2020, relève cette institution, le niveau général des prix augmente de 1,5% après +1,1% le mois précédent et +2,3% il y a un an. Cette hausse résulte surtout de l’accroissement des prix des produits alimentaires (+3,0% après +3,7% le mois dernier), des restaurants et hôtels (+2,1% après +1,6% le mois dernier) ainsi que des articles d’habillement et chaussures (+2,0% après +1,5% le mois dernier).

Joint au téléphone, Francis Eyalla, président exécutif du Réseau des consommateurs du Cameroun (Rnc), déclare que cette augmentation de prix est une arnaque de la part des commerçants, car « dans aucun pays au monde, les commerçants n’augmentent le prix des produits de leurs propres chefs. Et au cas où ça viendrait des importateurs, c’est aux autorités de le faire », informe-t-il. A l’en croire, l’augmentation de prix des denrées doit se faire après assise des parties prenantes (Douanes, importateurs, commerçants, etc.), et c’est d’un commun accord que les concernés tombent d’accord sur le nouveau prix, afin de passer à l’homologation.

Michèle EBONGUE

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