Covid-19 : Des autorités administratives désavouent le maire de Douala 1er.
Une école maternelle à Douala 1er

En vue de désinfecter ces écoles pour lutter contre la propagation de la pandémie à Covid-19, le maire de cette Commune a instruit la fermeture de ces écoles pendant une semaine. Une décision que désapprouvent le Préfet du Wouri, et le délégué régional de l’Education de base pour le Littoral qui demande la réouverture immédiate desdites écoles.

A l’Ecole maternelle municipale de Nkongmondo, ce mardi 2 mars 2021, les salles sont quasi vides. Deux enfants sans uniforme sont assis sur des bancs dans l’une des salles. En compagnie de quatre adultes dont deux enseignantes et deux parents. Les deux élèves ne se doutent de rien.  Ils assistent à la discussion qu’entretiennent leurs parents et leurs enseignantes. Alors qu’il est plus de 8 heures, une maman se dirige vers la salle de classe. « Madame revenez lundi, dites à votre enfant que l’école reprend lundi », lance la plus âgée des enseignantes.

Dans le but d’avoir plus d’informations sur la suspension momentanée des cours, ces enseignantes demandent de se rapprocher de la coordinatrice des écoles maternelles communales « C’est elle qui est habileté à parler, mais, ça n’a rien à voir avec les rumeurs qui circulent à ce sujet. Ce n’est que pour désinfecter l’école que nous avons arrêté les classes, on ne peut pas le faire en présence des enfants », renseigne l’école.

La situation est quasiment la même à l’école maternelle municipale de Bessengue. Comme à Nkongmondo, les tous petits manquent à l’appel, à la seule différence qu’aucun parent, ni enfant n’est présent. La directrice de l’école, en compagnie de l’enseignante de la moyenne section vérifie quelques paperasses alors que le cours du lundi 1er mars est encore affiché sur le tableau. « Découvrons le monde végétal ; compte et complète les étiquettes ; The vowel, the numbers », peut-on lire.

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A en croire Salamatou Ndam, directrice de l’école maternelle municipale de Bessengue, « les parents n’étaient pas au courant de ce changement, car à peine arrivés, ils sont rentrés avec leurs enfants », indique-t-elle. Une situation qui a inquiété Mispa S. « Je venais à peine de terminer de payer les frais de scolarité du 2e trimestre de mes petits-enfants, et ils m’annoncent qu’il n’y a plus classe », a-t-elle indiqué.

La guerre des autorités

Cet arrêt de cours des écoles maternelles primaires communales est la conséquence d’une note de service du maire de la Commune d’arrondissement de Douala 1er qui date du 24 février 2021, qui ordonne la fermeture de certaines écoles. « Pour lutter contre le Coronavirus à notre manière et tenant compte des informations concordantes sur la persistance de cette pandémie, les écoles maternelles communales de Douala 1er sont fermées à partir du 1er mars 2021 jusqu’à nouvel ordre », écrit Jean-Jacques Lengue Malapa. A la suite de ce document, l’autorité municipale rédige une autre note. « La Commune d’arrondissement de Douala 1er décide de suspendre momentanément les cours afin de procéder à la désinfection des 7 écoles maternelles municipales du 1er au 7 mars 2021. A l’issu de cette opération de prévention, les cours reprendront le lundi 8mars 2021 à 7 heures 30 minutes », a-t-il écrit le 1er mars 2021.

Sauf que le lendemain, le délégué régional de l’Education de base pour le Littoral a adressé un courrier au Délégué départemental du Wouri et à l’inspecteur d’arrondissement de Douala 1er. Dans cette correspondance, il demande à ce que lesdites écoles soient rouvertes ce même mardi 2 mars, date de signature du document.

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Toujours suite à cette note du maire, Benjamin Mboutou, le Préfet du Wouri indique que la décision du maire se rapporte comme une atteinte à la cohésion sociale nationale et incompétence de son auteur. Tout en indiquant que l’exécution de l‘arrêté soit enregistré et communiqué partout où besoin se fera.

Michèle EBONGUE

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