Covid-19 : Le désaccord entre Le Minsanté et Meditest bloque les voyageurs au Cameroun
Lors d'un test de dépistage de la Covid-19

En attentant un consensus, Meditest, l’entreprise chargée d’effectuer les tests du coronavirus en a interrompu depuis le mardi 22 décembre 2020, conséquence de la gratuité imposée par le gouvernement. Une situation qui a cloué de nombreux voyageurs sur le sol camerounais.

Il est plus de 8h ce mercredi 23 décembre 2020. 4 personnes dont un homme sortent de Meditest Douala, le centre médical en charge de réaliser des tests de la Covid-19 pour des voyageurs par voie aérienne. Ils ont l’air pressé « Allons à Laquintinie. Suivez-nous », s’adresse le monsieur aux trois femmes.

Dans l’enceinte de cette entreprise située au quartier Bonapriso dans l’arrondissement de Douala 2e, 3 personnes attendent debout dans la cour. L’accès à la salle est interdit.  La vigile en faction prend plaisir à s’entretenir avec ces visiteurs. « M. Vous êtes chanceux, vous allez voyager. Vous avez bien fait de vite réaliser votre test », s’adresse-t-elle à un homme qui tient un passeport en main. Impossible de lire l’expression de son visage dissimulé derrière son masque.  Pendant que la vigile s’entretient avec les aspirants au test de la Covid-19, d’autres font leur entrée dans l’enceinte de la structure. « Bébé, si papa n’est pas au Cameroun tu ne vas pas le voir », dit-t-elle à un enfant de 4 ans environ, accompagnée de sa mère.

Voyages annulés

Lolita M. fait également partie des aspirants au test de la Covid-19. Venue de Yaoundé pour Meditest à Douala, elle rentrera certainement sans son pass pour Dubaï. La trentagénaire qui devait livrer la marchandise le samedi 26 décembre 2020 à son retour de voyage n’est plus certaine de le faire. En séjour dans un hôtel à Bonapriso depuis le lundi 21 décembre où la nuitée coûte 51 000F Cfa, Lolita n’a plus de choix que de rentrer à Kribi, sa ville de résidence. « Mon mari est rentré hier (mardi 22 décembre 2020). Lasse d’attendre et voyant la situation actuelle, je ne peux que faire pareil », confie-t-elle.

A toutes les personnes qui viennent faire leur test, la vigile de Meditest leur demande d’aller à l’hôpital Laquintinie de Douala. « J’y étais, et là-bas on ne fait que des tests de masse. C’est de là qu’on m’a envoyé ici », renseigne un voyageur. La vigile qui ne semble pas surprise, pense que pour espérer voyager, il faudra attendre la fin des fêtes, car l’entreprise et le ministère de la Santé publique (Minsanté) sont en désaccord. « Le boss a dit qu’il n’a pas investi pour faire des tests gratuitement », dévoile-t-elle.

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En attendant probablement de trouver un consensus avec le gouvernement, Meditest a décidé d’interrompre la réalisation des tests de Covid-19 et oriente désormais tous les voyageurs vers l’hôpital Laquintinie. Cependant, même dans cette formation sanitaire, les voyageurs ne sont pas satisfaits. « Allez ailleurs, ici on n’en fait plus », indique une dame à l’accueil d’un ton désobligeant.

Valise en main, Agnès Mvouli qui comme plusieurs voyageurs s’est dirigée vers cet hôpital de référence de Douala, n’a pas pu faire son test. Attendue en Angleterre le samedi 26 décembre pour la reprise de travail le lundi d’après, Agnès ne sait plus à quel saint se vouer, tandis que Meditest continue de renvoyer les gens à Laquintinie. « Il s’agit d’une mesure gouvernementale », tente de justifier cette entreprise à l’appel du numéro vert. Pourtant, ce même site a été agréé par le Minsanté pour la réalisation des tests de la Covid-19 pour voyageurs. Un test qui coûtait 60 000 F Cfa avant la note du Minsanté sur leur gratuité.

Joint au téléphone, Dr. Hans Mossi, responsable adjoint de la riposte au Covid-19 dans la région du Littoral, a affirmé qu’il ne pourrait pas se prononcer sur la décision de Meditest, qui est une entreprise privée. Toutefois, il soutient que les tests de la Covid-19 se font à l’hôpital Laquintinie de Douala « Peut-être qu’ils étaient en rupture, parce que dire que nous sommes en rupture pour le moment ne signifie pas qu’on n’en fait pas. L’information que je vous donne c’est l’information régionale. Maintenant s’il y a un site particulier, c’est autre chose. Les voyageurs font leurs tests normalement à Laquintinie », déclare-t-il.

Michèle EBONGUE

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