Covid-19 : plus de 90% de la population de l’Est ne se lave plus les mains
Google News/DataViz by ADISI-Cameroun

Pour cause, les dispositifs installés dans les lieux publics en début de la pandémie sont abandonnés et les populations indifférentes, alors que cette région de transit demeure une zone à risque.

Devant les 04 principales banques commerciales situées au centre-ville de Bertoua dans la région de l’Est, tous les dispositifs de lavage de main, installés en début de la pandémie du coronavirus ne sont plus utilisés. Même s’ils sont encore visibles, les bidons d’eau avec robinets sont tout simplement des ornements. Les clients s’alignent pour leurs opérations sans respecter la distanciation sociale prescrite par le gouvernement et l’OMS. La prise de température des clients comme en début de la pandémie n’existe plus. A l’intérieur de ces établissements bancaires, les clients portent le masque juste par contrainte. « Je porte ce masque juste pour passer à la caisse comme l’exige la caissière », indique Régine, une cliente.

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Lundi 14 décembre 2020, l’entrée du marché central de la ville au lieu dit « marché de bâton » grouille du monde. La foule qui y accède ne se rappelle plus des mesures barrières contre la pandémie du coronavirus. Elles se frottent et se saluent main dans la main. À cet endroit précisément, les futs d’eau installés par la mairie de ville de Bertoua au mois d’avril 2020 en plein cœur de la pandémie ne sont plus disponibles. « On a déjà oublié cette affaire. Ça fait déjà plusieurs mois que les bidons en question ont disparu. D’ailleurs on ne les ravitaillait plus avec l’eau et le savon », déclare une vendeuse de bâton de manioc installée sur le site.

Au quartier Bamvélé où sont installées 07 agences de voyage, les dispositifs de lavage de main installés en début de la crise sanitaire à l’entrée de chaque agence ne fonctionnement plus. On se rappelle d’ailleurs que ces entreprises avaient reçu plusieurs visites des autorités administratives et sanitaires dans le cadre de la surveillance des zones à risque. Ces agences de voyage sont pourtant des lieux de grande affluence puisqu’elles accueillent les passagers en partance de Bertoua pour Yaoundé et Douala tout comme les passagers en provenance du Grand-Nord.

Non loin des agences, le super marché Mie Dorée est un autre lieu de grande affluence dans la ville de Bertoua. Ici, un sceau d’eau de 50 litres de couleur rouge avec les enseignes de l’UNICEF à moitié plein est placé à l’entrée du magasin. Malheureusement, pendant des heures d’observation de l’attitude des clients de cette surface, dans la journée de vendredi 11 décembre 2020, personne y inclus les élèves du collège Adventiste, (situé à quelques mètres) n’a lavé les mains avant d’entrer faire ses achats.

En début de la crise sanitaire, L’UNICEF, la Croix rouge, Plan Cameroon, les élites et les mairies ont installé les dispositifs de lavage de main dans les 33 arrondissements de l’Est. A Bertoua, plus de 30 points de lavage de mains répertoriés n’existent plus aujourd’hui.

Risque de contamination

Le ministère de la Santé publique tire la sonnette d’alarme sur un risque de résurgence de la pandémie. Lors du point de presse consacré à la riposte contre la Covid-19, Dr Linda Esso, Sous-Directeur de la lutte contre les épidémies et les pandémies au ministère de la Santé publique a demandé aux populations à se mobiliser afin de protéger leur santé et celle de leurs proches face à la résurgence des cas de contamination du Covid-19 dans certaines communautés. Une nouvelle vague de contamination consécutive au relâchement des mesures barrières.

En riposte à cette menace, Auberlin Mbelessa, maire de la Commune de Batouri dans le département de la Kadey a entrepris une tournée dans les communautés de sa municipalité. Vendredi 11 décembre 2020, sa caravane était à Bélékoubou, une localité qui accueil un flux massif de populations à la recherche de l’or. Mais, une zone sans infrastructure de base et où la quasi-totalité des cases sont sans latrine et l’eau potable. « Il n’est pas normal que dans un contexte de Covid-19 on vit dans la saleté et sans eau », a indiqué le maire aux populations de la localité. A la date du 16 décembre 2020, la situation épidémiologie de la région de l’Est affiche, 1201 cas positifs, 32 cas actifs, 1141 guérisons et 28 décès.

Sensibilisation

La délégation régionale de la Santé publique renforce la sensibilisation dans les communautés. « Dans les formations sanitaires, les établissements scolaires et les services publics, les dispositifs de lavage de mains sont bien en place mais ce qui fait problème c’est leur utilisation effective. Depuis 3 à 4 mois, les populations ont tendance à relâcher les mesures barrières », reconnait Dr Mbita Gislain Lionnel, chef section des opérations au système de gestion de l’incident Covid-19 à l’Est.

Pour renverser cette attitude, celui qui est également le coordonnateur du Centre régional de prévention et de lutte contre les épidémies et les pandémies (CERPLE) explique qu’ « on a renforcé la sensibilisation dans les communautés à travers les radios communautaires de la région. Par ailleurs, nous effectuions les descentes d’évaluation dans les établissements scolaires, les administrations publiques et privées. Les rapports et recommandations sont faits et signifiés aux différents sectoriels puisque le risque de résurgence de la maladie est réel surtout en cette période des fêtes de fin d’année ».

Sébastian Chi Elvido, à Bertoua.

Travaux réalisés pour le projet « Data and Check Covid-19 » avec le soutien de l’AFD, Expertise France et CFI dans le cadre du PAGOF

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