Crise humanitaire : environ 400 000 réfugiés et personnes affectées par la violence en détresse

Crise humanitaire : environ 400 000 réfugiés et personnes affectées par la violence en détresse

Plus de 300 000 réfugiés centrafricains sont installés dans les régions de l’Est et l’Adamaoua depuis les crises sociopolitiques et sécuritaires successives en RCA Crise humanitaire réfugiés détresse. Ils vivent dans la précarité à cause de la baissé de l’ordre de 50% du budget de l’aide humanitaire depuis 2020.Crise humanitaire réfugiés détresse

 Aïssatou Rabi, réfugiée centrafricaine est établie à Mandjou, proche de Bertoua depuis 2003. Cette dernière a quitté son pays pendant l’offensif militaire mené par l’ex-président centrafricain, François Bozizé contre Ange-Félix Patassé. Après près de 20 ans au Cameroun, Aïssatou Rabi vie dans la précarité et l’instabilité sociale avec ses 5 enfants. « Je me débrouille avec les champs et le petit commerce surtout que j’ai déjà perdu mon mari », affirme-t-elle.

300 000 réfugiés centrafricains sont installés dans les régions de l’Est et l’Adamaoua Crise humanitaire réfugiés détresse

Dans la même localité, Ousmanou Ahmed, agent de santé communautaire de l’Association pour la promotion de la paix et le vivre ensemble, dresse un état des lieux sombre du quotidien des réfugiés et les populations hôtes auprès desquels il mène des actions. « On a constaté la présence de plusieurs pathologies, entre autres, fièvre typhoïde, paludisme et mal gastrique. Chez les réfugiés en particulier, il y a la malnutrition aigüe, les maladies sexuellement transmissibles et les infections de la peau. En termes des difficultés nous avons aussi constaté qu’’il y a la famine due à la pauvreté, le chômage, le manque de logement et les enfants sans actes de naissance », affirme-t-il.

Entre 2003 et 2021, plus de 300.000 réfugiés se sont installés à l’Est et l’Adamaoua et vivent dans les mêmes conditions que Aïsatou Rabi. La majorité de ces victimes de guerre vivent dans les camps de réfugiés (Gado-Badzéré, Lolo, Mbilé, Timangolo à l’Est et Borgop dans l’Adamaoua). D’autres sont dans les communautés d’accueil. « Garoua-Boulaï abrite actuellement 50 706 réfugiés centrafricains pour une population de 89 036 habitants. Les réfugiés seuls représentent 36% de la population de notre commune. A leur arrivée, il y avait plusieurs organismes humanitaires qui s’occupaient d’eux. Aujourd’hui, beaucoup sont partis, les aides ne viennent plus constamment et ces réfugiés éprouvent d’énormes difficultés pour leur survie », précise Adamou Abdon, maire de la commune de Garoua-Boulaï qui abrite l’un des plus grands camps à Gado-Badzéré.

 

les crises sociopolitiques et sécuritaires successives en RCA Crise humanitaire réfugiés détresse

Dans le camp de Borgop, arrondissement de Djohong, département de la Mbéré, région de l’Adamaoua, les refugiés sont contraints de se livrer aux petites activités commerciales et aux petits métiers. Parmi les difficultés de cohabitation, un agent d’IEDA-Relief affirme que « la proximité entre les refugiés, l’impossibilité pour eux de mener les activités habituelles que sont l’agriculture et l’élevage, la promiscuité, le viol, la vente de drogue et les bagarres » sont des fléaux courants. Malgré les appuis des agences humanitaires, leur présence exerce une pression supplémentaire sur les services sociaux de base. Crise humanitaire réfugiés détresse

En plus, depuis 2021, le budget de l’aide humanitaire a baissé de l’ordre de 50%. « Le budget de l’aide humanitaire a subi une baisse drastique de plus de 50%. Aujourd’hui nous comptons sur la coordination et l’appui des ONG nationales et internationales pour un appui substantiel pour l’encadrement des réfugiés au Cameroun », a indiqué un travailleur humanitaire au camp de Lolo dans le département de la Kadey lors d’une opération de rapatriement volontaire des réfugiés en novembre 2020.

 

Violences intercommunautaires

Au-delà des réfugiés, le nombre des personnes en détresse a augmenté ces derniers mois. « En l’espace de deux semaines, des dizaines de milliers de personnes ont fui vers le Tchad voisin ou ont été déplacées à l’intérieur du Cameroun », a déclaré le porte-parole du HCR, Boris Cheshirkov au cours d’un point de presse tenu le 21 janvier 2022 au siège du HCR à Genève en Suisse selon l’information rendue publique par le site web de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Le porte-parole du HCR indique qu’au cours des six prochains mois, le HCR aura besoin de 60 millions de dollars pour financer des abris et des articles de secours de première nécessité, tels que des couvertures, des nattes et des moustiquaires. Notons que les personnes ciblées sont des victimes des affrontements intercommunautaires commencés le 5 décembre 2021 dans le village frontalier d’Ouloumsa, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Ces échauffourées opposaient éleveurs, pêcheurs et agriculteurs qui se déchiraient au sujet des ressources en eau qui ont diminué en raison de la crise climatique. Selon le HCR, le bilan de ces violences étendues aux villages voisins fait état de 44 morts, plus de 100 blessés et 112 villages incendiés Crise humanitaire réfugiés détresse. Déjà en août 2021, de telles violences avaient déjà provoqué le déplacement de quelque 23 000 personnes à travers le Cameroun et le Tchad Crise humanitaire réfugiés détresse.

la baissé de l’ordre de 50% du budget de l’aide humanitaire depuis 2020

 Toujours en termes de riposte, le 15 décembre 2021, Nathaly Ngemba, secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme et la famille (MINPROFF), a lancé à Bertoua, un projet d’autonomisation économique des femmes dans des chaînes de valeurs agro-écologiques positives Crise humanitaire réfugiés détresse. Initié par l’Organisation internationale du travail (l’OIT) et financé par KOICA, le projet cible environ 5000 bénéficiaires. Soit 65% de femmes et 50% de réfugiés. « Nous pensons que ce projet d’autonomisation va apporter une plus-value dans l’existence des refugiés et celle des populations locales », conclut le maire de Garoua-Boulaï. Des propos soutenus par ceux d’Issa Malissava, président des réfugiés de Gado Badzéré Crise humanitaire réfugiés détresse. Pour les ONGs, le développement des activités d’autonomisation avec une grande implication des bénéficiaires depuis la planification constitue une alternative efficace pour venir à bout des difficultés des réfugiés et déplacés internes.

 Sébastian Chi Elvido à Bertoua      

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