Déforestation au Cameroun : la société civile tire la sonnette d’alarme
Projet agroindustriel. Les Populations militent pour la protection des forêts. ©Green Development Avocates

Dénonçant la destruction à grande échelle de ces espaces verts pour les plantations agro-industrielles et l’exploitation forestière industrielle illégale, ces organisations regroupées dans un collectif ont adressé une correspondance à certains pays occidentaux dans laquelle elles leur Déforestation au Camerounrappellent leurs engagements.

« Mama Agathe », autochtone du village Mvili, arrondissement de Campo dans le département de l’Océan, région du Sud, avoue avoir été contrainte d’abandonner ses champs. Cette sexagénaire reconvertie dans le petit commerce confesse que ses cultures ont a maintes reprises été saccagées par des éléphants. « Il y a quelques années, nous Déforestation au Camerounn’avions aucun contact avec ces animaux car ils étaient très loin de nous, ils ont fini par se rapprocher des villages à cause de la forêt qui a été détruite par le projet Camvert », accuse cette vieille dame.

Elle poursuit en indiquant que depuis l’implémentation de ce projet agroindustriel, la vie des villageois s’est davantage corsée entraînant entre autres la rareté du gibier. « Nos problèmes de santé trouvent désormais difficilement solution parce que nous n’avons plus les arbres que nous ont légués nos ancêtres pour faire des rites Déforestation au Camerounen fonction des cas de maladie », regrette Hervé Mbida, un autre villageois.

Comme ces villageois, des Organisations de la société civile (Osc) regroupées dans un collectif de neuf (Green Peace Africa, le Centre pour l’Environnement et le Développement ; Green Development Avocates ; Environment investigation Agency ; Milieu Defensie, le Centre pour le Développement Local Alternatif), dénoncent cet état de chose.  Elles accusent l’Etat de violation des droits des peuples autochtones et lui reprochent l’exploitation illégale des forêts respectivement dans la région du Sud, avec l’implantation du projet agroindustriel de plantation d’huile de palme Camvert, dans la ville de Campo, Déforestation au Cameroundépartement de l’Océan. Elles critiquent aussi le classement litigieux de deux Unités d’aménagement (UFA) dans le massif forestier d’Ébo « Même si notre législation est faible et fragile parce que datant de 1994, on estime qu’il faut quand même rester dans le contexte de légalité », relève Stella Tchoukep, chargée de la campagne forêt chez Greenpeace Africa.

Accusant le gouvernement de ne pas respecter les droits des communautés locales, ces défenseurs de l’environnement ont adressé une correspondance aux partenaires sectoriels occidentaux du Cameroun notamment l’Initiative pour les forêts d’Afrique Centrale (Cafi). « Nous voulions attirer leur attention sur le réel usage des fonds qu’ils allouent à la protection des forêts », explique la chargée de la campagne forêt chez Greenpeace Africa. Elle ajoute que ces Osc souhaitent que l ’accaparement des terres prenne fin et que le processus de développement implanté dans les communautés prenne en Déforestation au Camerouncompte le droit et les aspirations des dites communautés. C’est pourquoi elles demandent un développement participatif et durable et un plan local de développement.

Nos multiples tentatives pour  recueillir l’avis du ministère des Forêts et de la Faune (Minefof) sont restées vaines. Néanmoins, le Minefof Jules Doret Ndongo a réagi à toutes ces accusations dans un Déforestation au Camerouncommuniqué radio-Presse à travers lequel il dénonce un acharnement des Osc. Des Osc qui selon lui, dévoilent l’agenda de certains groupes de pression dont elles sont le Cheval de Troie.

Mélanie Ambombo

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