Douala : Plus d’une centaine de famille exposée à un effondrement
Une vue du quartier

Victimes d’inondation suivie d’un éboulement en août 2020, les populations du lieu-dit « Bas fond », au quartier PK 14 dans l’arrondissement de Douala 3e, vivent sous la menace d’une autre catastrophe avec l’arrivée.

Il faut parcourir une route non bitumée et des collines pour arriver au lieu-dit « Bas fond » au quartier Bonamoutongo à Pk 14 à Douala.  Ce quartier de l’arrondissement de Douala 3e réputé pour le mauvais état de sa route et ses constructions anarchiques est en proie à une autre catastrophe naturelle.

Non loin des deux constructions qui ont été détruites lors d’une inondation en août 2020, plusieurs autres habitations, construites sur une colline courent le même danger, et Emmanuel Essogola en est conscient. « Depuis l’éboulement de l’année dernière, j’ai peur d’être moi aussi, une victime des eaux. Je veux déménager et aménager le bas (partie non susceptible d’éboulement Ndlr), mais pour le moment, je n’ai pas d’argent pour le faire », explique ce riverain.

Propriétaire d’un espace d’environ 300 m2, une partie sur la terre ferme et une autre sur la colline, Emmanuel envisage casser la maison dans laquelle il réside depuis plus de 10 ans, pour enfin regagner l’autre partie de son terrain située sur la zone « sécurisée ». A l’en croire, cette ambition est motivée par la catastrophe de l’année dernière, car jamais rien de semblable ne s’était produit à cet endroit.  Désormais conscient de la dangerosité du site qu’il occupe, cet habitant n’a pas d’autre rêve que celui de détruire sa maison et s’installer plus bas.

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Contrairement à lui, Marie G. (nom attribué à l’épouse du chef de la zone et par ailleurs 1er habitant des lieux), dont la maison est construite à quelques mètres seulement de celle d’Emmanuel, ne trouve pas le site dangereux. « Tout dépend de comment on construit.  Si on évite de casser la terre, cela empêchera qu’elle descende », croit-elle savoir. Confiante du niveau de sécurité de son lieu d’habitation, cette première habitante de « Bas fond » est rassurée d’être à l’abri d’un éventuel effondrement.

Une assurance que ne partage pas le représentant du chef du bloc 5 qui a requis l’anonymat.  « Nous avons peur que les personnes qui sont perchées plus haut subissent le même sort que les victimes de l’année dernière. Mais, ce n’est pas facile de dire à quelqu’un de quitter sa maison en plein Douala », souligne le représentant du chef de bloc. C’est pourtant plus d’une centaine de famille qui court le risque de voir leurs maisons importées par les eaux ou être enterrées à tout moment dans cette zone à risque.

Pour aider les populations, l’un des occupants du site, ingénieur en génie civil, a promis d’aménager le site afin de le sécuriser. Seulement, 9 mois après le drame, rien n’a encore été réalisé, même pas chez lui. « C’est le monsieur qui a la maison la plus élevée. Il est dans une zone dangereuse, et sa maison est déjà attaquée », relève le représentant du chef de bloc.

Hormis le soutien de l’ingénieur, aucune autorité administrative n’a approché ces victimes de l’inondation. Aucun dispositif n’a été pris ni par les autorités, ni par les populations, pour éviter qu’une autre catastrophe se fasse durant la saison des pluies.

Michèle EBONGUE

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