Economie : « On a beaucoup d’opportunités, on a un fort potentiel… »
Dieudonné Tietse, Directeur Général Paness

Dieudonné Tietse, Directeur Général Paness, Présent à la 2e édition de la journée de l’entreprise digitale, le promoteur du cabinet de conseil spécialisé en ingénierie des Ressources Humaines, management, stratégie… fait une analyse de l’écosystème du marché digital au Cameroun

Quelle appréciation faites-vous du contexte camerounais ?

Je pense que le contexte camerounais est semblable à celui des autres entreprises africaines, où les gens ont tendances à être conçu comme arrivés brutalement. Pendant des années, nous avons parlé des Nouvelles techniques d’information et de la communication, et je pense que nous n’avons pas vu suffisamment les choses venir. Et si on les a vu venir, je pense qu’on a pris les choses à la légère.

Subitement quand le monde se met à changer à grand pas, tout d’un coup, on est pris de court et on se rend compte que beaucoup de nos entreprises parlent de la digitalisation, mais c’est simplement parce qu’elles ont acheté un ordinateur, un logiciel, mais ce n’est pas cela la révolution digitale. C’est un peu plus que ça. Il s’agit vraiment de toucher au process, de voir l’expérience client, de voir les questions d’innovation…  Donc, ce que je pense du Cameroun, c’est qu’on a beaucoup d’opportunités, on a un fort potentiel, avec un peuple qui aime travailler, avec des gens bien formés. Et on a besoin tout simplement d’une politique nationale qui se fait bien comprendre, qui se fait bien voir, mais qui descend également sur le terrain. Je voudrais à mon sens qu’il y ait une cohésion entre ce que l’Etat pense, entre ce que les administratifs publics font, et ce que les entreprises et les jeunes font. Parce que c’est dans ce fonctionnent cohérent qu’on va construire du solide, et qui va permettre à l’Etat de travailler de façon optimale en utilisant toutes les ressources disponibles, sinon on va faire un peu de la gabegie.

Les entreprises s’y intéressent-elles vraiment ?

C’est toute une forme d’évangélisation qu’il faut faire aujourd’hui, pour que les entreprises comprennent qu’il faut investir dans le digital. C’est comme un tournent. Si vous virez mal, vous allez dans le décombre et si vous restez sur la route, quelqu’un d’autre va vous bousculer. C’est la raison pour laquelle je comprends que les entreprises se plaignent que le digital coûte cher. Il y en a qui se disent que c’est difficile de rentrer dans le digital.

Comme toute science et tout système, le digital a sa façon d’être, et il y a des méthodes.  Et justement, nous autres nous sommes là, pour accompagner les entreprises (petites, moyennes et grandes), qui ont besoin de rentrer sérieusement dans le digital.

Que gagne-t-on à se digitaliser ?

Les premiers avantages pour une entreprise qui se digitalise, sont l’amélioration de l’expérience et l’efficacité opérationnelle, c’est-à-dire l’automatisation de vos processus de production. Le digital va plus rapidement, et ça élimine les erreurs. Le deuxième élément c’est l’expérience, la manière de satisfaire le client. Par exemple aujourd’hui, je peux rester chez moi et faire une transaction bancaire sans m’aligner. Ça veut dire que mon expérience a été alignée. Je peux prendre d’autres exemples, notamment aux impôts, où on fait de la télédéclaration à la maison. Ça facilite énormément le travail. Et si l’administration globalement, c’était suffisamment « e-gouvernée », je pense que beaucoup de choses iraient mieux, et même les performances des entreprises s’en trouveraient grandies.

Y a-t-il des normes à respecter ?

Oui, il existe des normes internationales sur certains aspects, mais je ne pense pas qu’on ait au Cameroun, une norme en matière d’informatisation.

Propos recueillis par Michèle EBONGUE

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