Etat civil : Seulement 28% des enfants de moins 5 ans enregistrés au Cameroun

A l’occasion de la célébration du 30e anniversaire de l’adoption de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, Unicef Cameroun appelle à plus d’action collective pour accroitre l’enregistrement des naissances.

Selon Jacques Boyer, le représentant du Fonds des Nations Unies pour L’Enfance (Unicef) au Cameroun, plusieurs mesures en faveur de l’enregistrement des naissances ont été mises sur pieds ces dernières années au Cameroun. Des actions, qui ont permis des réformes politiques et juridiques et la mise en œuvre des stratégies et des plans d’action nationaux ; le renforcement des capacités et la sensibilisation ; l’intégration de l’enregistrement des naissances à d’autres services, tels que la santé et l’éducation, de façon à atteindre un plus grand nombre d’enfants ; l’enregistrement communautaire et les campagnes de mobilisation sociale.

Cependant, souligne l’Unicef Cameronau cours d’un échange avec la presse, mercredi 30 octobre 2019 à Douala, dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire de l’adoption de la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant (CDE),malgré les efforts consentis, plusieurs problèmes minent encore le développement optimal des enfants au Cameroun.Parmi ces droits fondamentaux qui ne sont toujours pasrespectés, il y a l’enregistrement des naissances, qui garantit les droits fondamentaux tout au long de la vie d’une personne.

 

 Mais,seulement 28 % parmi les enfants de moins de 5 ans sont enregistrés à la naissance, à en croire cette agence onusienne.  Selon l’enquête par grappes à indicateurs multiples ( MICS) du Cameroun 2014, les taux les plus bas se retrouvent dans les régions de l’Extrême-Nord (42%), du Nord (61%), du Sud-Ouest (56%) et de l’Est (58%). Des zones qui ont encore besoin d’une forte mobilisation.

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Education

En matière d’éducation, même si des améliorations ont été enregistrées, le taux d’achèvement du cycle primaire dans les Zones d’Éducation Prioritaires (ZEP) est de moins de 55% contre 73% sur le plan national. On note aussi que l’accès des jeunes filles à l’éducation reste faible, comparé aux garçons, surtout dans la partie septentrionale. Ces filles se voient très souvent forcées de quitter l’école à cause des mariages précoces et forcés. De nombreux enfants sont également contraints de quitter le milieu familial suite aux crises qui affectent le pays, sont victimes de traumatismes psychologiques et se retrouvent déscolarisés et exposés à de nombreux fléaux. Pour plus de résultats dans la promotion des droits de l’enfant, des effortsdoivent encoreêtre fournis dans ces secteurs spécifiques.

Le 30e anniversaire de la CDE, explique Jacques Boyer, offredont l’occasiond’examiner les engagements pris en faveur des droits de l’enfant, de réaffirmer l’engagement à appliquer pleinement la CDE et de mobiliser le soutien de tous les acteurs pour faire respecter les droits de l’enfant au niveau national et à mieux faire connaître et comprendre les droits de l’enfant dans les communautés du pays.

Vernissage

Dans le cadre de cette célébration, cette organisation a également procédé le 29 octobre 2019 à Douala à un vernissage baptisé « Dans le regard des enfants ». Il s’inscrivait dans la perspective de la promotion de l’expression des jeunes. Cette exposition a présenté des photos prises par des enfants de 6 à 15 ans, à travers le Cameroun, qui se sont photographiés mutuellement dans des situations exprimant leurs droits. A travers ces photos, ils ont raconté leur histoire, leurs quotidiens, leurs joies, leurs rêves…

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Une convention de partenariat conjoint a également été signée entre l’Unicef Camerounet le Groupement inter patronal du Cameroun (GICAM), en vue de promouvoir les droits de l’enfant et l’éradication du travail de l’enfant mineur. Il faut noter que la  CDE a été signée le 27 octobre 1990 au Cameroun et ratifiée le 11 janvier 1993.

Marie Louise MAMGUE