Exploitation illicite : Plus d’une centaine de grumes saisies en 4 mois à Mbitom
Une partie de billes de bois saisies

Comme dans plusieurs localités où cette violation de la loi prend de l’ampleur, des centaines de billes de bois ont été saisis pendant 4 mois pour plus de 500 millions F de dommages et intérêts. Par ailleurs, la pandémie de la Covid-19 impacte négativement les recettes générées par ce secteur d’activité.

A l’esplanade de la délégation régionale des Forêts et de la faune de l’Est (DRFOF), le 09 mars 2021, le visiteur est accueilli par des centaines des billes de bois entreposées depuis quelques mois. Selon le délégué départemental des Forêts et de la Faune du Lom-et-Djerem, Ombolo Tassi Engels Edding, ces grumes évaluées à plusieurs millions F Cfa, « proviennent de l’exploitation illégale dans la localité de Mbitom. Une autre quantité importante se trouve au parc à bois du poste de contrôle forestier de ladite localité. Donc, sur la cour, nous avons une centaine de billes de bois qui ont donné lieux à des procès-verbaux de constatation d’infractions contre divers acteurs qui n’ont pas de titres d’exploitation forestière ».  Par ailleurs explique-t-il, « ces bois saisis ces 04 derniers mois ont fait l’objet des cautionnements de l’ordre de 9.125.000 F Cfa. Les dommages et intérêts que réclame l’Etat s’élèvent à 559.880.49F 0 Cfa. En outre, les bois débités saisis ont été vendus aux enchères publiques à hauteur de 8.140.535 F Cfa ».

En dehors du bois, les différentes opérations ont parmi des saisies du matériel dont, un bulldozer, des tronçonneuses, des batteries et filtres à gas-oil d’engins. Pour la suite des procédures, le délégué explique que, « pour ce qui est des billes de bois saisies, seule l’administration centrale est compétente pour décider de la vente aux enchères dans le cadre d’une procédure contentieuse. Lorsque le mis en cause sollicite une transaction, nos services transmettent la demande à la hiérarchie et proposent le lancement des avis d’appels d’offres de vente aux enchères ». En 2019, la délégation régionale, sous la coordination de Georges Amougou Ondoua, a récolté plus de 150 millions F Cfa de recettes de vente du bois illégal saisi.

Sanction

En dehors de Mbitom, d’autres foyers de l’exploitation illégale en violation de la loi de 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche ont été répertoriés par la délégation régionale. Il s’agit de Gouékong, Woutchaba, Koundi, Gbakombo, Ekombitié entre autres. Dans ces localités, apprend-on, les exploitants illégaux profitent des anciennes pistes forestières pour pénétrer les forêts communautaires.

C’est d’ailleurs dans ces zones qu’est sorti 150 m³ du bois illégal saisis il y a 5 ans, lors d’une opération de la délégation régionale. Selon le délégué de l’époque, «il s’agit du bois illégal saisi dans les différents postes de contrôle sur la route Bertoua – Ngaoundéré en destination du Grand Nord, le Tchad et le Soudan». L’opération avait été initiée suite aux engagements pris par le MINFOF devant la CONAC afin d’éradiquer la corruption dans le secteur forêt.

Malgré les sanctions, l’exploitation illégale du bois persiste dans cette région. « L’exploitation et la vente illégale du bois est un phénomène économique que l’on trouve partout ; dans la Douane, le Commerce et le Transport. Chaque année, nous faisons entrer une masse monétaire importante dans les caisses de l’Etat à travers des pénalités et les ventes aux enchères publiques du bois saisi, mais cela n’a pas découragé ceux qui se livrent à ces pratiques », martèle un haut responsable de la brigade nationale de contrôle du MINFOF.

Covid-19

Au-delà de l’exploitation illégale, la pandémie de la Covid-19 a sérieusement affectée les recettes fiscales générées par l’exploitation des forêts. A la fin du premier semestre 2020, les recettes fiscales dans la région de l’Est avaient chuté de plus de 148 millions F Cfa par rapport aux objectifs fixés. Selon l’Administration fiscale, la chute drastique observée est la conséquence directe de la pandémie du coronavirus et les mesures barrières dictées par le gouvernement qui ont paralysé les activités économiques. « La fermeture des sociétés notamment forestières qui ne pouvaient plus couper le bois pour qu’on prélève la taxe d’abatage, la chute des affaires au niveau des entreprises hôtelières, les restaurants et les activités qui se greffent autour du tourisme notamment la chasse sportive dans les aires protégées, le ralentissement des mouvements au niveau des transports, la suppression des contrôles, la suspension du paiement de la taxe à l’essieu entre autres ont ralenti les recouvrement des impôts pendant le premier semestre », indique Oumarou Wadjonré, chef du Centre régional des impôts.

Travaux réalisés dans le cadre du projet « Accès à l’information en période de Covid-19 » avec le soutien de Free Press Unlimited.

Sébastian Chi Elvido à Bertoua

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