Filière bois :  Au Cameroun, 2 entreprises sur 4 000 sont à capitaux publics

L’implication du secteur public est très faible dans ce secteur d’activité qui représente près de 5,4% du PIB et la deuxième source de devises avec en moyenne 15% des recettes d’exportation du pays.

Le Cameroun est doté de 22,5 millions d’hectares de forêts, soit la moitié du territoire national, dont 17, 5 millions d’hectares constitués d’environ 165 essences sont exploitables, selon l’Institut National de la Statistique (INS) en 2015. 14 millions d’hectares ont été classés en forêts dites permanentes, c’est-à-dire dédiées à l’utilisation de long terme, tandis que 1,4 million d’hectares environ sont destinés à la foresterie communautaire et communale.

D’après le rapport thématique de l’INS sur « l’étude de la filière bois au Cameroun », réalisé dans le cadre de l’Enquête Annuelle dans les Entreprises 2019 (EAE-2019) cette activité est majoritairement tournée vers l’exportation, qui représente près des trois quarts du chiffre d’affaires de la filière. Les recettes d’exportation de bois transformés et de grumes constituent régulièrement la seconde source de devises du pays. Le bois est depuis plusieurs années la deuxième source de devises avec en moyenne 15% des recettes d’exportation du Cameroun et près de 5,4% du PIB. En 2001, les produits de la filière bois représentent 20 % des recettes d’exportations, tandis que les produits pétroliers comptent pour près de 50 %.

En 2019, le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) a déclaré 93 concessions forestières, 38 forêts communales, 142 ventes de coupe et une cinquantaine de forêts communautaires. Le MINFOF ajoute également que ces titres forestiers sont gérés par 59 grandes entreprises internationales ou nationales, 46 moyennes entreprises nationales et par 38 communes rurales, propriétaires de forêts communales. Cependant, déplore l’INS dans cette étude publiée sur son site le 28 octobre 2021, l’implication du secteur public reste très faible dans la filière bois au Cameroun.

En effet, sur l’ensemble des 4 395 entreprises recensées qui exercent dans la filière, seules deux sont à capitaux majoritairement publics. Il s’agit d’ANAFOR qui exerce dans le segment de l’exploitation forestière et de l’Imprimerie nationale qui évolue dans la fabrication de papier, carton et articles en papier ou en carton. Il ressort de l’enquête que 95% des entreprises de la filière bois ont des capitaux de provenance majoritairement nationale. L’essentiel, soit 86% des entreprises détenues majoritairement par les étrangers exercent dans la « sylviculture et l’exploitation forestière » et le « sciage et traitement du bois ».

Les entreprises formelles de la filière sont constituées en majorité de PME (92%). Les Grandes entreprises ne représentent que 8% du total des entreprises de la filière et 75% d’entre elles exercent dans l’exploitation forestière et le sciage. Ces structures sont principalement implantées à Douala et Yaoundé, avec respectivement 34,3% et 26,3% des unités économiques.

A en croire cette institution, plusieurs acteurs pensent que la filière évolue très en dessous de ses véritables potentialités pour plusieurs raisons. Entre autres, l’insuffisance connaissance du fonctionnement des acteurs, un environnement institutionnel et législatif à améliorer. Face à ces manquements, l’INS recommande au Gouvernement de mieux organiser et encadrer les acteurs de la filière, surtout les petites unités qui ont besoin de formation adaptée à leur métier et d’accompagnement pour la recherche de financement.

Marie Louise MAMGUE

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