Filière Cacao : Le Sud-Ouest perd 61,9 milliards F CFA entre 2016 et 2019

Filière Cacao : Le Sud-Ouest perd 61,9 milliards F CFA entre 2016 et 2019

Emportée par la crise sociopolitique,la région du Sud-Ouest Cameroun a perdu sa position de leader dans la production cacaoyère. Celle-ci a chuté de 115 075 tonnes pendant la campagne Filière Cacao 2017-2018 à 89 696 tonnes en 2018-2019.

Considérée comme un bassin important de production du cacao au Cameroun, la région du Sud-Ouest perd progressivement sa place de leader national. Ceci, à cause de la crise sociopolitique, dite anglophone, qui a pris en otage cette région et celle du Nord-Ouest depuis 2016.La filière cacao-café fait partie des secteurs les plus touchées dans le Nord-Ouest qui est un important bassin de production du café, et le Sud-Ouest qui était jusqu’en 2017, le plus grand producteur Filière Cacao national de cacao, en raison de l’abandon des champs et des récoltes par les populations qui fuient l’insécurité ou craignent les exactions de toute sorte.

Filière Cacao Emportée par la crise sociopolitique,la région du Sud-Ouest Cameroun

Un climat qui s’avère également nocif pour la collecte, le négoce et le transport des produits à cause des routes devenues incertaines, explique le Groupement Inter-Patronal du Cameroun (GICAM) dans son rapport publié au mois d’octobre 2019, sur les conséquences économiques de la Crise anglophone. D’après cette enquête, la production cacaoyère commercialisée du Sud-Ouest a été en baisse à l’issue de la campagne 2018/2019. De 115 075 tonnes, ellea baissé de 22% pour s’établir à seulement 89 696 tonnes. Son poids qui était de 45,38% lors de la campagne 2016/2017 a chuté à 31,66%.

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Sur la base des performances en hausse des autres régions, relève cette étude, la perte de production commercialisée de cacao pour le Sud-Ouest oscille entre 38 843 tonnes et 45 730 tonnes. Sur le plan financier, cette perte est évaluée entre 52,3 milliards F CFA et 61,9 milliards F CFA. Pour les planteurs de la région, regrette le patronat Filière Cacao camerounais, cela représente un manque à gagner de l’ordre de 33 à 39 milliards FCFA de revenus si l’on considère le prix moyen d’achat observé lors de la campagne.La région du Centre est celle qui a réalisé la plus grande production pendant la campagne 2018-2019 avec près de 131 796,9 tonnes. La région du Sud-Ouest, du Littoral et du Sud,viennent respectivement en deuxième, troisième et quatrième position, avec 89 695,5 ; 21 882,8 et 14 070,3 tonnes.

Banane

Tout comme la filière cacao-café, le GICAM souligne que la filière banane est en danger. Le secteur bananeraie de la CDC est totalement à l’arrêt, en raison des exactions sur les sites de production et des pillages réguliers. Les difficultés de la filière banane de la CDC se répercutent sur l’ensemble de la filière. Avec 3 800 ha de surfaces plantées en 2015, la CDC était le 2e grand producteur de banane du pays aux côtés de la PHP (4 128 ha plantées) et de BOH Plantations Limited (266 ha plantées en 2015). En 2015, avec 278 450 tonnes de bananes produites, le Cameroun en devient le premier producteur parmi les pays d’Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP), détrônant ainsi la première fois, la Côte d’Ivoire. La production de la CDC représentait alors près de 40% des exportations totales, soit 110 mille tonnes de bananes en 2015 et 113 mille tonnes en 2016.

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Avec la crise sécuritaire, cette branche a progressivement sombré et, depuis le mois de septembre 2018, la CDC n’a plus exporté un seul kilogramme de banane, déplore cette association. Entre janvier 2017 et août 2019, le manque à gagner pour la CDC en termes de chiffres d’affaires et donc de recettes d’exportation pour le pays se chiffre à Filière Cacao environ 30 milliards F CFA. PHP, dont l’une des plantations se situe dans la région du Sud-Ouest (environ 200 ha dans la zone de Tiko pour une production moyenne annuelle de 7 mille tonnes), est également impactée avec une baisse de 60% de ces capacités. La situation va du mal en pire, et affecte   à son passage, non seulement tous les secteurs d’activité, mais également tout le pays.

Marie Louise MAMGUE