Homicide à Kribi : L’affaire portée devant le tribunal militaire d’Ebolowa
Lydienne Solange Taba, pleine de vie de son vivat

Le Sous-Préfet de Lokoundje, principal suspect dans l’assassinat de sa compagne Lydienne Solange Taba, dont les obsèques sont prévues pour la fin du mois d’août 2020, a été transféré au tribunal militaire d’Ebolowa dans la région du Sud.

Le week-end du 29 août 2020, selon la famille, Lydienne Solange Taba sera conduite à sa dernière demeure à Mouanko dans le département de la Sanaga Maritime. Cette étudiante de 23 ans, a été assassinée le 25 juillet dernier, au domicile du Sous-Préfet de Lokoundje, Frank Derlin Eyono Ebanga, son compagnon. Selon les sources introduites à la compagnie de gendarmerie de Kribi « l’enquête sur le plan local a été bouclée dans le délai de 8 jours de garde à vue prévu par la loi. Délai au bout duquel l’affaire Frank Derlin Eyono Ebanga a été transférée devant le tribunal militaire qui siège à Ebolowa pour le compte de la Région du Sud dont dépend Kribi ». Très réservé depuis le début de   cette affaire, le préfet de l’Océan, Antoine Bisaga, a confirmé que celui qui a été son premier adjoint ces trois dernières années « est effectivement entre les mains de la justice militaire ».

Une information qui ne convainc pas la famille de la défunte. « Il a passé la majeure partie de sa garde à vue de Kribi à l’hôpital sous prétexte qu’il était malade. Aujourd’hui nous ne savons pas exactement où il se trouve mais nous sommes convaincus que même s’il finit par échapper à la justice des Hommes, le châtiment divin s’abattra sur lui tôt ou tard » fulmine la tante de la victime, Belinda Nkembè. Bien que l’enquête soit déjà bouclée au niveau de de la Compagnie de Gendarmerie de Kribi, la famille soutient avoir été tenue à l’écart de la procédure. « Jusqu’à ce jour nous n’avons toujours pas les conclusions de la reconstitution des faits faite le 30 juillet 2020 et les résultats de l’autopsie pratiquée quelques jours plus tard en présence de la famille.  Lydienne, l’enfant unique de ma sœur meurt alors qu’elle était enceinte. C’est donc deux générations que nous perdons du même coup » s’insurge-t-elle.

De toute évidence, la famille est bien loin du déroulement de l’affaire coté judiciaire, administratif et sanitaire. « On n’a pas encore les résultats du prétendu autopsie » confie un membre de la famille. « Mais à la maison, il y a un carnet d’hôpital et l’échographie qu’elle avait faite qui relevait qu’elle était enceinte de 6 semaines » poursuit la même source.

Pour cette famille, les zones d’ombre planent encore sur l’assassinat de leur fille. La thèse de l’accident, liée à « une fausse manipulation de l’arme par le Sous-Préfet », dit-elle, est loin d’être crédible. « Nous ne croyons pas en un accident. Le Sous-Préfet est un diplômé de l’ENAM où il a eu droit à une formation militaire et par conséquent maîtrise parfaitement le maniement des armes. Nous attendons toujours la manifestation de la vérité pour pouvoir entamer le travail de deuil », dénonce la famille Nkembè. Et de s’indigner : « Nous savons qu’aucune peine de prison, ni aucun prix à payer ne peuvent nous redonner notre enfant.  Mais regardez comment Finexs Voyage porte le deuil depuis que ses agents ont tué un gendarme. Nous de notre côté, n’avons reçu jusqu’ici aucun signe de compassion ni des autorités administratives locales encore moins de la famille du Sous-Préfet ».

En revanche, la hiérarchie directe de ce jeune administrateur civil à la trentaine à peine entamée, pense déjà à accompagner, Lydienne Solange à sa dernière demeure à Mouanko dont est originaire son père venu spécialement du Congo Brazzaville où il réside depuis de longues années. Initialement annoncées le 22 août 2020 par le Préfet de l’Océan, les obsèques se dérouleront   finalement le week-end du 29 août 2020, selon la famille.

Damien TONYE à Kribi

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