Malnutrition : plus de 15 millions de cas aigus à craindre en Afrique Centrale et de l’Ouest en 2020
Un enfant en consultation

L’Unicef et le Pam tirent la sonnette d’alarme. Si les mesures adéquates ne sont pas prises, près de 15,4 millions de cas de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans sont attendus en 2020 en Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’insécurité alimentaire et la Covid-19 représentent une menace pour des millions d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies appréhendent, dans un communiqué conjoint publié le 17 juillet, un impact sans précédent de l’insécurité alimentaire et de la Covid-19 sur la malnutrition des enfants dans ces deux régions africaines.

Ces organisations indiquent que 15,4 millions de cas de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans, dont un tiers de sa forme sévère, sont attendus en 2020 dans ces deux régions si des mesures adéquates ne sont pas mises en place dès maintenant. Ces données représentent une augmentation de 20% par rapport aux estimations précédentes de janvier 2020, selon une analyse de l’impact de l’insécurité alimentaire combiné à celui de la Covid-19 sur la malnutrition aiguë dans 19 pays de la région.

En effet, selon les prévisions datant d’avant la pandémie Covid-19, 4,5 millions de cas de malnutrition aiguë étaient anticipés en 2020, dans la région du Sahel au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad, qui étaient déjà frappés par l’insécurité alimentaire et la malnutrition.  Avec l’insécurité croissante et la Covid-19, ce nombre est passé à près de 5,4 millions de cas. Selon les estimations conjointes de l’UNICEF, de l’OMS et de la Banque mondiale sur la malnutrition (édition 2020), 7,3 millions d’enfants souffraient d’émaciation (grave et modérée) en Afrique de l’Ouest et du Centre en 2019.

« Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère sont plus exposés aux complications liées à la Covid-19. Alors qu’une bonne nutrition pour les enfants, dès leurs premiers jours, les protège contre les maladies et les infections, et favorise leur rétablissement lorsqu’ils tombent malades », a déclaré Marie-Pierre Poirier, Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Plusieurs facteurs, selon ces agences onusiennes, menacent l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans. Il s’agit notamment de l’insécurité alimentaire des ménages, de mauvaises pratiques de nutrition et d’alimentation des mères et des nourrissons, des conflits et de la violence armée, des déplacements de population, des taux élevés de maladies infantiles et de maladies d’origine hydrique telles que la diarrhée, de la fragilité des systèmes de santé, du manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, et de la pauvreté chronique.

D’après la directrice régionale de l’UNICEF il faut « assurer la continuité des services préventifs et vitaux de santé et de nutrition, mettre en place des systèmes de protection sociale qui répondent aux chocs, protéger les moyens de subsistance et soutenir l’accès des familles à l’eau, à l’hygiène et à une alimentation saine sont essentiels pour la survie et le développement à long terme des enfants ». Dans cette logique, L’UNICEF et le PAM ont élaboré une approche conjointe pour fournir un paquet intégré axé sur le continuum de soins, de la prévention au traitement de la malnutrition aiguë dans les domaines prioritaires, comme identifié par l’analyse des points chauds.

Marie Louise MAMGUE

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