Maternité : 19,4% de mortinaissances enregistrées au Cameroun en 2019
Source - UN-IGME 2020_DataViz by ADISI-Cameroun.

Globalement en Afrique subsaharienne, le taux de mortinatalité est passée de 27% en 2000 à 42% en 2019. Le pays figure parmi les nations les plus touchées. L’Unicef craint que les perturbations des services de santé dues à la Covid-19 causent près de 200 000 cas supplémentaires sur une période de 12 mois dans 117 pays à revenu faible.

Chaque année dans le monde, près de deux millions d’enfants naissent mort-nés, soit un nourrisson toutes les 16 secondes, d’après les Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), dans un communiqué de presse publié le 8 octobre 2020. Ces premières estimations sur la mortinaissance (naissance d’un nourrisson sans signe de vie à 28 semaines de grossesse ou plus), ont été conjointement réalisées par l’Unicef, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Groupe de la Banque mondiale et la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

D’après ce rapport intitulé « Une Tragédie à bas bruit : le fardeau mondial de la mortinatalité », 84 %   des mortinaissances se produisent dans les pays à faible revenu et dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. En 2019, trois mortinaissances sur quatre ont eu lieu en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud. L’Afrique subsaharienne est passée de 27% en 2000 à 42% en 2019.  Le Cameroun fait partie des pays qui connaissent une augmentation du taux de mortinatalité entre 2000 et 2019. En 2019, le pays a enregistré 19,4% de cas. Le Botswana, la Guinée-Equatoriale, le Burundi, la Somalie et la République Démocratie du Congo, sont les 5 pays du continent les plus touchés.

Selon les auteurs de cette étude, la plupart des mortinaissances sont dues à des soins de mauvaise qualité pendant la grossesse et l’accouchement. Le rapport précise que l’absence d’investissements dans les services prénatals et perpartum ainsi que dans le renforcement du personnel infirmier et des sages-femmes, constitue l’une des principales difficultés. Plus de 40 % des mortinaissances se produisent pendant le travail, relève le communiqué, des drames qui pourraient être évités si des agents de santé formés étaient présents lors des accouchements et si des soins obstétricaux d’urgence étaient disponibles rapidement. En Afrique subsaharienne, en Asie centrale et en Asie du Sud, environ la moitié des mortinaissances surviennent pendant le travail, contre 6 % en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Avec la pandémie de Covid-19 qui continue de sévir dans le monde entier, ces agences onusiennes tirent la sonnette d’alarme. Selon elles, la pandémie de Covid-19 pourrait faire augmenter le nombre de mortinaissance à l’échelle mondiale. Une réduction de 50 % des services de santé due à la pandémie pourrait entraîner près de 200 000 mortinaissances supplémentaires sur une période de 12 mois dans 117 pays à revenu faible et intermédiaire. Soit une hausse de 11,1 %.

Sans action urgente, souligne l’Unicef, des millions de familles connaîtront la mortinaissance tragique d’un bébé au cours de la prochaine décennie. Chaque pays est dont appelé à mettre sur pied, le « plan d’action pour chaque nouveau-né », dont le but est d’atteindre un taux de 12 mortinaissances ou moins pour 1000 naissances totales d’ici 2030 et à combler les écarts d’équité.

Marie Louise MAMGUE

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