Médias : 10 journalistes de 4 supports engagés dans la désinformation
Au cours de la conférence de presse à Douala

Sélectionnés après un appel à candidature, ces professionnels ont été formés pendant 5 jours à Douala, dans le cadre de la formation Désinfox Afrique qui va durer 2 ans et demi.

Equinoxe Tv, The Guardian Post, StopIntox et Data Cameroon sont les médias qui ont été sélectionnés pour participer au projet Désinfox Afrique volet Cameroun de Cfi qui a démarré le lundi 20 Septembre 2021 à Douala.

Soutenu par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, Désinfox Afrique accompagne les médias de six pays d’Afrique francophone à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Rca et le Cameroun, dans la lutte contre la désinformation. Ceci en vue d’associer des journalistes sélectionnés, à la consolidation du Fact-checking, l’intégration de la vérification de l’information à leur modèle éditorial. L’objectif de ce projet de contribuer à une formation fiable, objective et indépendante en Afrique de l’Ouest et Centrale. Surtout en ces temps où le volume de fausses informations porte de plus en plus préjudice à l’écosystème des médias, et à la qualité des informations diffusées, comme l’a indiqué Brieuc Lahellec, chef du projet Désinfox Afrique, lors de la présentation du projet à la presse locale le mercredi 22 septembre 2021.

Au cours de la conférence de presse à Douala

Stagiaire à cette formation, Gladys Sidje, journaliste à Equinoxe tv découvre grâce à cette formation l’univers du Fact-checking. « De tout mon parcours, c’est la première fois que j’entends parler de Fact-checking. Et lorsqu’on m’a expliqué ce que c’est, j’ai eu l’impression que c’est ce que je fais tous les jours dans l’exercice de mon métier, le journalisme. C’est-à-dire vérifier l’information, confronter plusieurs sources pour avoir la vraie information », a-t-elle indiquée.

Malgré sa petite expérience dans cet exercice, Brenda Kiven, journaliste à The Guardian post remarque que ce genre journalistique est totalement nouveau pour la plupart des médias traditionnels dont la presse écrite, qui reste néanmoins favorable à l’écoute et à l’application de nouvelles pratiques du métier. « Mon patron est toujours ouvert aux nouvelles idées, et nous donne dans le cadre de ce projet, la possibilité de créer des rubriques pour le journal. Tant que cela contribue à renforcer la crédibilité et l’intégrité du journal, il est d’accord. Et s’agissant du Fact-checking, nous allons donner la priorité aux publications en ligne », a confié la journaliste.

Contrairement à ces médias dont la notion de Fact-checking est encore embryonnaire, StopIntox, un site d’information spécialisé dans ce domaine, voit plutôt en cette formation, un moyen d’améliorer non seulement son contenu, mais aussi les aptitudes rédactionnelles de ses journalistes. Pour Data Cameroon, ce projet est une opportunité pour renforcer la capacité de ses journalistes, accroitre sa visibilité, mais surtout être éligible à l’International Fact-Checking Network (IFCN).

Selon Laurent Bigot, Directeur de l’école publique de Tours, une école spécialisée dans le Fact-checking, la notion de Fact-checking est encore à la traine au Cameroun comme dans plusieurs pays en Afrique et dans le monde. Ce qui n’empêche pas à ce formateur de croire en une véritable avancé au Cameroun. « Je suis sûr qu’à la fin de ce programme, le paysage du Fact-checking aura largement évolué, ce sera largement consolidé à travers les journalistes que nous formons dans ce programme, mais aussi à travers d’autres médias qui vont observer ce que nous y faisons », a -t-il indiqué.

Michèle EBONGUE

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