Médias : Près de 900 journalistes tués entre 2010 et 2019
Source- Unesco_DataViz by ADISI-Cameroun

Au cours du premier semestre de 2020, au moins 21 attaques contre des journalistes couvrant des manifestations ont été dénombrées. Ce qui équivaut au nombre d’attaques de ce type pour l’ensemble de l’année 2017 d’après l’UNESCO.

En 2018-2019, le nombre de professionnels des médias tués a baissé de 14% par rapport à la même période les deux années précédentes.  Cependant, alerte l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) dans un rapport publié le 2 novembre 2020 à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, de nouveaux risques apparaissent en dehors des situations de conflit, avec une impunité généralisée.

De cette nouvelle étude sur « la sécurité des journalistes et le danger d’impunité » il ressort que le niveau d’impunité pour les crimes commis contre les journalistes reste extrêmement élevé, avec près de 9 cas sur 10 restés impunis. « Malgré une baisse du nombre de journalistes tués dans le monde, trop de journalistes continuent à payer le prix ultime pour leurs reportages.  Nous restons profondément préoccupés par les risques croissants auxquels sont confrontés les professionnels des médias en dehors des situations de conflit et par le taux d’impunité persistant pour ces attaques », déplore la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay.

Globalement, au cours de la dernière décennie, un journaliste a été tué en moyenne tous les quatre jours. Un total de 156 meurtres de journalistes a été enregistré dans le monde en 2018-2019. L’année 2019 affiche le plus faible bilan enregistré au cours de la dernière décennie, avec 57 morts. La plupart des journalistes ont été tués dans des pays sans conflit armé, dont 54 en 2018 et 35 en 2019. Le nombre de journalistes tués dans des pays en conflit armé s’élève à 45 en 2018 et 22 en 2019. « Pour préserver le droit fondamental à la liberté d’expression et garantir que le public ait accès à des informations fiables, les reportages doivent pouvoir être réalisés en toute liberté et sécurité, et les auteurs de crimes commis contre les journalistes doivent être systématiquement traduits en justice », a revendiqué l’UNESCO

C’est au total, près de 900 journalistes tués entre 2010 et 2019 dans l’exercice de leur métier, dont 156 au cours des deux dernières années. Le plus grand nombre d’attaques mortelles en 2019 a eu lieu dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, représentant 40 % du total des meurtres enregistrés dans le monde, suivie par la région de l’Asie et du Pacifique avec 26 % des meurtres.

Les données de l’année en cours ne rassurent pas. Au cours du premier semestre de 2020, au moins 21 attaques contre des journalistes couvrant des manifestations ont été dénombrées, ce qui équivaut au nombre d’attaques de ce type pour l’ensemble de l’année 2017. Cependant une légère diminution du taux d’impunité est observée, avec un pourcentage de 13 % des cas dans le monde déclarés comme résolus, contre 12 % en 2019 et 11 % en 2018.

La mort n’est pas le seul risque auquel les journalistes sont exposés, explique l’UNESCO.  Les attaques contre la presse peuvent prendre la forme de menaces, d’enlèvements, d’arrestations, d’emprisonnements ou de harcèlement, hors ligne et en ligne, et ciblant les femmes en particulier. « Ces attaques d’un autre genre progressent à un rythme alarmant, et la crise de la Covid-19 a fait apparaître de nouveaux risques pour les professionnels des médias dans le monde entier », a relevé la directrice de l’UNESCO.

Marie Louise MAMGUE

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