Nord : Les pays du sahel disent stop aux violences faites aux filles
Les acteurs de lutte contre les violences faites aux femmes

Nord : Les pays du sahel disent stop aux violences faites aux filles

Les cas de violences basées sur le genre vont grandissant dans le Nord et dans la zone sahélienne de l’Afrique. Le projet Urban Art for Youth a mobilisé à Garoua, les promoteurs culturels du sahel, afin de définir des stratégies artistiques univoques de lutte contre ces maux violences faites aux filles.

Amélie n’apprécie pas les sifflotements des garçons lorsqu’elle passe dans la rue. À l’école, Samira Oumarou supporte mal les baiser forcés de ses camarades garçons. Ce sont plutôt la non implication au même titre que les garçons dans les décisions familiales et surtout l’inégale répartition de l’argent des beignets qui préoccupent Laetita. Grâce dénonce quant à elle la stigmatisation des femmes stériles.

Les cas des abus subis par les femmes, sont légion dans le Nord.  L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime en effet, qu’une femme sur trois subit des violences au cours de sa vie. En 2022, Aïcha Doumara, dirigeant des centres pour les victimes et survivantes de violences dans le Grand-Nord, a identifié 100 cas d’abus sexuels sur les 2 529 cas de violences basées sur le genre.

Les injures, les blagues et jeux inappropriés de certains garçons, les stigmatisations liées à la stérilité de la femme dans un couple sont autant de violences qui passent souvent pour des tabous.

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D’après la Commission des droits de l’homme du Cameroun, les violences basées sur le genre s’élèvent à environ 40% des cas de violations des droits dans le Nord. Mariages forcés, grossesses indésirées et précoces, les abandons de foyers, viols, agressions sexuelles, etc.

Le projet Urban Art for Youth est un projet novateur qui joue sa partition à la 16e campagne mondiale « 16 Jours d’activisme contre la violence faite aux femmes et aux filles », du 25 novembre au 10 décembre 2022. A Garoua, cette campagne s’est déroulée du 5 au 10 décembre dernier, sous le thème : non aux violences faites aux filles.

D’après Arnaud Aka Baana Enono, artiste slameur et porteur du projet Urban Art for Youth, cette thématique est adaptée aux contextes du sahel. D’où l’invitation à Garoua des artistes et promoteurs culturels tels que Isaac Maman du Niger, Benjamin Tetemi du Burkina Faso, Clément Ngaryadj du Tchad et d’Amadou Baba Sissoko du Mali. Le but étant de confronter les différentes approches dans les différentes langues des pays sahéliens via ateliers, panels d’échanges, projections documentaires, spectacles de restitution.

Pendant 5 jours, les arteurs ont défini des stratégies de lutte inculquées directement au public constitué des élèves, étudiants, et artistes de Garoua. Ceci à travers comédies, slams, poésies, raps, peintures, théâtres, grâce à des capsules de messages capables d’informer, d’éduquer, de sensibiliser et de proposer des pistes de solution.

Jérôme Baïmélé à Garoua

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