Nord : Plus de 78 000 tonnes de poissons produit entre 2012 et 2022
Une vue du barrage de Lagdo

Nord : Plus de 78 000 tonnes de poissons produit entre 2012 et 2022

A cause du non-respect du Plan d’Aménagement de la Pêcherie de Lagdo, l’utilisation des techniques de pêche peu recommandables et la baisse de la pluviométrie observée en 2021, plusieurs espèces du barrage de Lagdo sont menacées de disparition. La production du poissons restauration de la richesse halieutique du barrage se présente comme une nécessité.

Vendredi, 14 octobre 2022. Il est 13h à Wastang, le marché de poisson de Garoua. Thérèse Soukayna est venu s’approvisionner en poisson frais. Malgré l’abondance, le prix de cette denrée n’a pas beaucoup changé, constate-t-elle. « On ne se rend même pas compte que c’est le temps de poisson à Garoua », s’indigne-t-elle, tout en production du poissons relevant que c’est juste un ou deux petits poissons qui s’ajoutent sur le tas habituel, dont les prix oscillent entre 500 et 5000 F CFa.

Cette réaction, est la conséquence de la libéralisation de l’activité de pêche dans le barrage de Lagdo. Ceci, depuis le 30 septembre 2022, où les pêcheurs peuvent officiellement exercer leurs activités.

production du poissons plusieurs espèces du barrage de Lagdo sont menacées de disparition

En effet, en 2013, un arrêté du gouverneur de la région du Nord instaurait le Plan d’Aménagement de la Pêcherie de Lagdo (Papel) encore appelé « repos biologique ». Cette précaution basée sur l’utilisation durable des ressources halieutiques dans le barrage de Lagdo s’étend du 1er juillet au 30 septembre de chaque année, et consiste en la fermeture saisonnière de trois mois, avec suspension de toute activité de pêche sur la retenue d’eau. Le barrage de Lagdo est situé dans les communes de Logdo dans le département de la Bénoué et de Rey-Bouba, dans le Mayo-Rey.

Ces dernières années, ce repos biologique instauré peine à être respecté. Les prix sont relativement stables tant en période de repos biologique ou de libéralisation de l’activité de pêche. « Le prix du poisson n’a pas vraiment changé depuis le mois de juillet. Ceux qui se sont abstenus du marché durant la période de repos biologique ne comprendront rien, on n’a pas ressenti l’interdiction de pêche, les caisses venaient seulement depuis Lagdo », explique Asta Martine.

Financement

A l’origine du non-respect de ce repos biologique, le problème de financement par les acteurs de la chaîne. Notamment le ministère de l’Elevage des pêches et des Industries animales (Minepia), les collectivités territoriales décentralisées (CTD) et les partenaires de développement impliqués. Pour la première année, les ressources financières allouées à cette activité par le Minepia aux CTD sont de 13 millions F Cfa pour la commune de Lagdo et 11 millions F Cfa pour la commune de Rey-Bouba, informe une source. Cependant, souligne-t-elle, ces financements ont cessé.

D’après une source au Minepia Nord, les ressources issues du production du poissons financement des CTD étaient utilisées pour l’organisation des activités de sensibilisation, de surveillance et de l’organisation des Journées d’Animation et de Promotion des Activités de Pêche (Japap).

l’utilisation des techniques de pêche peu recommandables

L’appui disponible pour ce programme annuel ne permet plus aux responsables des départements de la Bénoué et du Mayo-Rey (départements traversés par la retenue d’eau artificielle de Lagdo) d’organiser efficacement les activités de sensibilisation et de répression pendant la période du repos biologique. « Dans le passé, nous disposions des Forces de Maintien de l’Ordre (FMO) qui nous appuyaient sur le terrain et empêchaient les pêcheurs de pratiquer leurs activités pendant les trois mois que dure le repos biologique. Les responsables d’autres administrations nous prêtaient également main forte et le programme était une réussite pour le grand bonheur de tous », explique Felix Moukam Tchamassom, chef service régional des pêches, de l’aquaculture et des industries halieutiques à la délégation régionale du Minepia Nord.

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production du poissons Production

La pêche dans le barrage de Lagdo est une activité dont l’intensité se mesure par le nombre d’acteurs. Ces dernières années, selon les estimations du Minepia, c’est près de 5000 pêcheurs qui production du poissons exercent au quotidien une forte pression sur les espèces halieutiques du fleuve Bénoué. De 2012 à 2021, la production de poisson enregistrée auprès des services du Minepia du Nord s’élève à 78 295,343 tonnes (t). L’activité s’est intensifié entre 2017 et 2020 où la production a connu une croissance en flèche. Elle est passé de 7 105,8 t en 2017 à 11 089,152t en 2020. La production de poisson 2021 est de 11 089,407t.

 

 

Chute

Les chiffres officiels de la production de poisson dans le barrage de Lagdo en 2022 ne sont pas encore disponibles. Mais, on parle d’une chute drastique de la production. Pour le premier semestre 2022, on parle de moins de 3000t de poisson produits par les pêcheurs contre près de 8000t en 2021 pour le même période, informe une source au Minepia.
Pour expliquer cette chute, plusieurs autres causes viennent se greffer au non-respect du repos biologique. Notamment, la baisse de la pluviométrie enregistrée l’année dernière et la forte pression exercée production du poissons sur le barrage à la quête du poisson. « À Lagdo par exemple, l’effectif de pêcheurs est estimé à environ 2 210 au courant de l’année 2022, soit une baisse considérable d’environ 2 500 pêcheurs, tous partis vers d’autres horizons », explique Félix Moukam Tchamassom, non sans déplorer les mauvaises pratiques et l’utilisation des techniques de pêches prohibées.

Le non-respect du Plan d’Aménagement de la Pêcherie de Lagdo

Les zones de reproduction des poissons appelées zones de frayères sont en voie de disparition. La pêcherie de Lagdo compte 12 zones de frayère, celle du Mayo-Rey en compte 8 et 4 pour la Bénoué. Cependant, 50% des zones de frayère du Mayo-Rey sont en voie de dégradation avancée. Il s’agit des zones reproduction d’Ateki, Kamalé, Mbaï-Lo et Digan.

Aussi, 22 des 140 campements que compte la pêcherie de Lagdo ont disparus courant 2021. A l’origine, « l’utilisation du matériel prohibé pour la capture des alevins et des géniteurs par les pêcheurs, le manque d’eau et de végétation », explique un responsable du Minepia Nord, qui relève que le manque de synergie production du poissons fédérée entre les différents acteurs a fortement contribué à la diminution de la quantité du poisson sur le marché.

Jérôme Baïmélé à Garoua

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