Port Autonome de Kribi : Des plaidoyers se multiplient pour la levée des freins.
Source : Investir au Cameroun/DataViz by ADISI-Cameroun

Les dirigeants de cette infrastructure portuaire et bon nombre de ses partenaires ne ratent plus une occasion de plaider afin que les contraintes qui freinent leurs activités soient levées dans de meilleurs délais, notamment la réhabilitation de l’axe routier Kribi-Edéa en piteux état, en attendant que le chantier de l’autoroute reprenne sur sa phase 2.

 « Dans les études qui avaient été faites par le MINEPAT au début des années 2010, il était démontré que le port arriverait à saturation en 2020. Nous sommes justement venus apprécier si c’était effectivement le cas. ». Ce propos est du Directeur Général de l’Économie et de la Programmation des Investissements Publics au Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), qui justifiait ainsi la visite de travail de deux jours qu’il a effectuée au Port Autonome de Kribi (PAK) à la tête d’une forte délégation ministérielle.

En effet, le Professeur Isaac Tamba et sa suite ont pu les 03 et 04 décembre 2020, évaluer les réalités de ce port de dernière génération mis en exploitation commerciale le 02 mars 2018. Une date depuis laquelle le Directeur Général du Pak, Patrice Melom, ses principaux collaborateurs et les responsables d’entreprises partenaires ont eu le temps d’être confrontés à de nombreuses entraves qu’ils n’ont pas manquées d’exposer à leurs hôtes.

                                     Source : Investir au Cameroun/DataViz by ADISI-Cameroun

Lors de la visite du site portuaire de Mboro, situé à une trentaine de kilomètres au sud du chef-lieu du département de l’Océan, Patrice Melom fera remarquer aux visiteurs que « Le port de Kribi au stade actuel ne représente que le 10e du projet du Complexe Industrialo-Portuaire de la cité balnéaire. ». Un pourcentage qui renvoie aux travaux de la première phase ayant porté principalement sur la construction des infrastructures de base avec notamment un linéaire de quai de 615 mètres seulement que se partagent le terminal à conteneurs (350m) et le terminal polyvalent (265m).

Des installations qui ont déjà montré leurs limites selon Eric Lavenu, Directeur Général de Kribi Container Terminal (KCT), gestionnaire du terminal à conteneurs. Eric Lavenu, a d’ailleurs remarqué que « Le terreplein d’une capacité de stockage de 300 000EVP sera dépassé d’ici 2021 ». Une situation qui pose le problème urgent de l’extension dudit port. Une urgence sur laquelle le gouvernement camerounais avait pourtant anticipé en lançant depuis de longs mois, le démarrage des travaux de la phase II prévus initialement pour s’étaler sur cinq ans.

Cependant, ces travaux qui consistent notamment à étendre le linéaire de quai avec 700m additionnels à consacrer au trafic conteneurisé, prolonger la digue de protection de 675m, réaliser des zones d’entreposage et de stockage de 30 hectares de terrepleins, construire sur la digue un terminal aluminier et un terminal à hydrocarbures, ne sont réalisés qu’à 25%. Le directeur général souligne que l’aménagement soutenu de la zone logistique et industrielle urge également.

Plaintes

Un son de cloche que feront également entendre les représentants de la dizaine d’entreprises en cours d’installation et/ou d’exploitation dans la zone en question. Une zone où les différents réseaux (électrique, hydraulique et téléphonique) ont une couverture loin de combler les attentes des structures industrielles en question avec comme désagréments une fourniture insuffisante et/ou de mauvaise qualité à laquelle s’ajoutent des coupures intempestives. « Sans voies de dessertes vers l’intérieur du pays et l’hinterland, aucun port ne peut réellement être attractif », a ajouté à la liste des entrepreneurs, Michael Mama, le Directeur d’Exploitation du PAK qui s’appesantit sur la connectivité et tout particulièrement sur le réseau routier. Il n’a d’ailleurs par hésité à plaider pour la réhabilitation de l’axe routier Kribi-Edéa en piteux état, en attendant que le chantier de l’autoroute reprenne sur sa phase 2, tout en regrettant que le rail semble renvoyé aux calendes grecques.

Cependant, le chef de la délégation du Minepat a rassuré que le chemin de fer reste d’actualité et que le gouvernement y travaille. « Diverses contraintes opérationnelles ont été soulevées çà et là. En plus des réponses apportées à l’immédiat, nous allons formuler des recommandations à adresser à qui de droit, afin que Kribi aille encore plus loin dans les objectifs de développement du Cameroun. », a-t-il indiqué. Des recommandations qui auraient favorisé la signature le 30 décembre 2020 d’un contrat de partenariat public-privé entre l’État du Cameroun, représenté par les Ministres des Travaux Publics et des Finances, et la China Harbour Engineering Company LTD (CHEC).

Suivant les clauses contractuelles, cette entreprise chinoise est chargée de la conception, la construction, le financement partiel, l’exploitation et la maintenance de l’Autoroute Edea-Kribi-Lolabe dans sa phase 1 (Kribi-Lolabe). D’après le bulletin d’information hebdomadaire et bilingue du Port Autonome de Kribi N°080 du 31 décembre 2020 ledit tronçon de 38,5km est réalisé à 89%, mais « Les travaux lancés depuis 2015 perdurent, l’autorité portuaire locale et la ville de Kribi s’impatientent… ». Une impatience qui manifestement ne faiblit pas malgré les assurances données par l’ingénieur de l’État (Mintp), que Patrice Melom a interpellé le 23 janvier 2021 à Kribi.

Ironie du sort, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi en qualité de représentant personnel du président Paul Biya, était venu cette fois inaugurer dans la zone industrialo-portuaire, une usine d’assemblage d’engins de chantiers destinés prioritairement à l’aménagement des routes par les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).

Malgré ces obstacles, le Pak a franchi en novembre 2020, la barre symbolique de 1000 escales navires accueillies, depuis sa mise en exploitation le 2 mars 2018.  La Chine est, selon l’autorité portuaire, le premier partenaire de la place portuaire en matière d’import-export avec respectivement 106 417 et 104 030 tonnes.

Damien TONYE

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