Simon Essola Nsa : « Avec les femmes, il y a plus de résultats »

Coordonnateur régional du Programme Pcp Acefa dans le Centre, il explique la place accordée à la femme dans ce projet de financement agricole qui vise à  améliorer les revenus des producteurs. 

 

Dans sa conception, est ce que le programme Acefa a intégré les productrices ?

Oui. Dans sa conception, le programme travaille avec toutes les catégories, les groupes de femmes, de jeunes et d’hommes. Dans sa philosophie, le programme vise à améliorer le revenu des producteurs.

Y a-t-il des objectifs spécifiques liés aux productrices ?

Dans notre travail, nous faisons ce qu’on appelle le conseil ciblé. En tenant compte du genre, nous travaillons avec certaines catégories. Actuellement le programme accompagne un total de 35.649 membres, parmi lesquels 31% de femmes. Nous voulons augmenter le pourcentage. Nous avons entamé une sensibilisation ciblée pour augmenter ce taux. Nous avons remarqué qu’avec les femmes, il y a plus de résultats. Les femmes sont plus appliquées. Nous sommes dans un processus de sensibilisation ciblée qui va permettre d’ici la fin de l’année d’augmenter le quota. Nous sommes à 31% pour le moment dans le Centre, soit 11 200 femmes, mais nous pouvons augmenter et faire mieux. Au départ, le programme visait l’exploitation familiale agropastorale, il n’y avait pas un quota prédéfini réservé aux femmes. Aujourd’hui, nous sommes dans une posture

d’améliorer le quota des femmes et des jeunes. Nous avons aussi une spécificité car nous travaillons avec des groupes uniquement constitués de femmes. Ils sont 181 soit environ 2086 membres. Mais il y a aussi des groupes mixtes avec des femmes. C’est le décompte de toutes les femmes qui fait 31%.

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Qu’est ce qui explique que les femmes soient minoritaires ?

C’est le contexte dans la région du Centre. Les propriétaires terriens sont principalement les hommes. Pour faire l’agriculture, il faut des terres. C’est le facteur central. Dans notre contexte, la femme est difficilement propriétaire.

Prévoyez-vous d’augmenter les financements pour les femmes ?

Les quotas sont déjà connus et se situent à deux niveaux. Pour le niveau Gic, les financements vont de 500 000 à 6 millions de FCFA. Pour le niveau OPA (Organisation des producteurs agricoles), les groupes de niveau 2 et de niveau 3, on va de 5 millions à 30 millions F Cfa. Si un groupe de femmes a monté un projet en tant que Gic (niveau 1), on ne va pas augmenter l’enveloppe. Il n’y a pas une faveur particulière pour les femmes. Les procédures sont les mêmes pour tous. Le facteur que nous mettons sur la table c’est la compétitivité. On juge un Gic X et un Gic Y sur l’analyse de leurs documents. On donne le financement à celui qui est le plus performant.

Propos recueillis par Emmanuel Batake, Ghislaine Deudjui, et Assongmo Necdem

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