Agriculture : baisse de 14% des superficies emblavées en 2022 au Nord

Agriculture : baisse de 14% des superficies emblavées en 2022 au Nord

La rareté et la cherté des intrants agricoles au cours de cette saison, l’augmentation du prix du kilogramme du coton graine et les attaques répétitives de chenilles l’an dernier sont les Agriculture superficies emblavées principales raisons de cette baisse de surfaces ensemencées dans la région. Les prévisions de la production sont en baisse de 25% en 2022.

Robert Louga s’inquiète de la réussite de ses quatre hectares de maïs semés à Bouki Mokolo, dans localité de Lagdo, dans le département de la Bénoué. « En début de saison, on avait la crainte du manque de pluies, maintenant c’est la cherté des intrants qui m’inquiète. J’ai préfinancé l’engrais et l’urée pour le maïs auprès de la Sodecoton (Société de développement du coton, Ndlr) mais même pour le coton, on n’a pas encore reçu parce que c’est devenu rare », s’inquiète le planteur. Jean Waga a, pour sa part, pris l’option de s’en procurer sur le marché local.

Agriculture superficies emblavées augmentation du prix du kilogramme du coton graine et les attaques répétitives

Sauf qu’il fait face à la fureur des prix élevés Agriculture superficies emblavées . « L’engrais et l’urée coûtent environ 40.000 F Cfa sur le marché local. Pour que le maïs produise, il faut bien doser ces produits fertilisants. Et pour mes trois hectares, il faut au moins 450.000 F Cfa, au lieu de 250.000 F Cfa », se lamente-t-il, non sans révéler qu’il a emblavé six hectares de maïs la saison dernière. « Les herbicides sont aussi chers, ça a impacté sur le démarrage de la saison », ajoute Jean Waga, agriculteur dans la ville de Garoua.

Prévisions

La région du Nord est à vocation agropastorale, avec une prédominance de l’agriculture sur l’élevage. Entre 80% et 85% des ménages sont à vocation agricole. La saison 2022 a débuté avec un faible retour des pluies. « Deux poches de sécheresses ont été enregistrées cette année, ce n’est pas bon signe pour nous les cultivateurs, ça va impacter sur la production », avertit Nasser Guidana. Déjà, la dernière saison agricole n’a pas été florissante à cause de la faible pluviométrie enregistrée.

D’après le rapport spécial fait par le gouverneur de la région du Nord et présenté à la session du Conseil régional du Nord tenu en fin juin, la campagne agricole 2022 s’annonce assez difficile pour les Agriculture superficies emblavées producteurs à cause de l’indisponibilité et les coûts élevés des intrants. Une situation qui ne peut être sans conséquence sur les produits vivriers en 2022. « A cet effet, les prévisions de production pour la campagne 2022 sont estimées à 1 794 791 tonnes sur 789 984 hectares pour les cultures vivrières. Soit une baisse de 25% en production et de 14% en superficie, comparativement aux réalisations de 2021 », a indiqué le rapport de Jean Abaté Edi’i, gouverneur de la région du Nord.

Dans le Nord, les exploitations agricoles sont de différentes tailles. D’après Aboubakary, délégué régional du ministère de l’Agriculture et du développement rurale (Minader) du Nord, on part de la plus petite exploitation de 1,5ha aux grosses exploitations qui peuvent aller au-delà de 50 ha, en passant par les exploitations moyennes qui tournent entre 15ha et 25ha. La majorité des ménages sont situés dans la dernière catégorie.

Sécurité alimentaire

En plus de la culture de rente qu’est le coton, plusieurs spéculations gravitent tout autour. En l’occurrence, les cultures vivrières que sont le maïs, le mil, le sorgho des saisons sèches et celui des saisons des pluies, l’arachide, le niyebé (haricot blanc), le riz, et le soja. La baisse de la superficie emblavée se situe entre 12% et 13% sur les céréales dont la principale est le maïs. « Le maïs a diminué, le sorgho et le riz ont augmenté en surface Agriculture superficies emblavées . La sécurité alimentaire est soutenue par les céréales tels que le maïs, sorgho, mil, riz, qui sont les aliments de base, surtout dans nos villages. Donc, pour le moment, la sécurité alimentaire ne souffre de rien dans la région », a déclaré Aboubakary. « La sécurité alimentaire de la région du Nord affiche une sérénité réelle, compte tenu de la disponibilité des produits agricoles dans les ménages et sur les marchés », a renchérit Jean Abaté Edi’i, gouverneur de la région du Nord.

 

 

Agriculture superficies emblavées Culture du riz

La principale raison de la baisse des surfaces emblavées en 2022 est la rareté et la cherté des intrants (herbicides, engrais et l’urée). Le prix de l’engrais est parti du simple au double. Les producteurs ont plutôt substitué le maïs au sorgho et au riz. Comme autre raison de la baisse, les responsables du Minader du Nord pointent du doigt les attaques répétitives de chenilles sur le maïs l’an dernier. Ce qui a poussé les producteurs à réduire les superficies pour cette spéculation afin d’éviter le même phénomène Agriculture superficies emblavées . L’an dernier, la région a enregistré une poche de sécheresse de plus de 20 jours. Ce qui a induit la prolifération des chenilles détruisant ainsi les plantes de maïs. Pour cette saison, les producteurs ont migré vers les cultures non ciblées par les chenilles comme l’arachide.

L’augmentation de 25 F Cfa sur le prix du kilogramme du coton graine complète la liste des principales raisons évoquées justifiant la baisse des surfaces ensemencées dans la région du Nord. « Le kilogramme est passé de 250 F Cfa en 2021 à 285 F Cfa en 2022, ce qui a encouragé les agriculteurs à augmenter les superficies Agriculture superficies emblavées . Et quand on augmente la superficie d’une spéculation, c’est au détriment d’une autre », a confié Aboubakary, délégué régional du Minader Nord.

Jérôme Baïmélé à Garoua

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