Covid-19 : Le paiement des tests fait chuter les demandes à Douala

Covid-19 : Le paiement des tests fait chuter les demandes à Douala

Entré en vigueur le 15 juin 2022, le paiement des tests de dépistage PCR contre la Covid-19 pour tout voyage par avion à 30 000 F Cfa a entrainé une chute de demande dans les centres dépistage.

Il est un peu plus de 10h ce jeudi 23 juin 2022. Au District de santé de Bonassama, dans l’arrondissement de Douala 4e, des chaises sont disposées de part et d’autre au hall. L’affluence observée il y a quelques mois a disparu.

Il faut user de patience pour voir entrer des demandeurs de test de Réaction de polymérase en chaine (PCR). Ici, tout se fait timidement, mais indubitablement comme au District de santé de New-Bell qui a enregistré une vingtaine de personne la veille.

Elisabeth et Robert font partie des candidats à ce test Covid-19. Le couple qui s’envolera pour Doubaï le dimanche 26 juin, n’a pas pu effectuer son test. « On nous a dit que c’est demain(vendredi) qu’on doit faire notre test. Nous nous sommes quand même enregistrés et nous avons déjà payé les 30 000 F Cfa. Demain on fera seulement le prélèvement », indique Robert.

Selon lui, l’enrôlement n’est pas contrariant, puisque tout se fait pratiquement en ligne. Sauf pour ceux qui passent par la Cameroon postal services (Campost), l’une des plateformes de paiement installée à l’Hôpital Laquintinie de Douala. « Le gouvernement pouvait demander qu’on paie 3 000 F Cfa, parce que 30 000 F Cfa sont énormes », déplore Robert.

Comme lui, Henri K, affirme que le prix du test n’est pas à la portée de tous. Mais relève que ce montant est abordable pour les voyageurs, au regard de ce qu’ils vont débourser pour leur déplacement. Selon ce résident d’Allemagne, le véritable couac se situe au niveau du temps que l’on met pour se faire enregistrer. Un point de vue que partage Hamadou Diallo, de nationalité malienne.

Handicapé par sa faible scolarisation, Hamadou s’est fait aider par les membres de l’équipe en charge de l’enrôlement au District de santé de New-Bell. Malgré cela, son enregistrement a duré une trentaine de minutes. « C’est vrai que le monsieur qui m’a aidé à remplir le formulaire en ligne a dit que c’est à cause de la connexion, mais l’attente était très longue », explique-t-il d’un français approximatif.

Après la décision du Ministère de la Santé Publique (Minsanté) du 6 avril 2022 sur le paiement des tests de dépistage PCR contre la Covid-19 pour tout voyage par avion, c’est le 15 juin qu’elle est entrée en vigueur. Faisant ainsi de nombreux mécontents au point de réduire le nombre de demandeurs. « Le paiement a entrainé plus d’exigences et de violences chez certaines personnes. Elles exigent que parce qu’elles paient, il faudrait qu’elles aient en retour, un service rapide. Mais comparativement aux pays de l’occident où le résultat est immédiatement connu après le test, ici, ça prend du temps », confie Dr Mathias Jean Luc Bell, Chef du District de santé de New-Bell. Il poursuit : « l’engouement est relativement faible, mais le chiffre n’a pas drastiquement baissé.  On est toujours entre 30 à 40 personnes par jour »

 A sa suite, Elvis Njiogue, membre de l’équipe d’intervention des infections à Coronavirus et le choléra, relève que le site de New-Bell enregistre en moyenne 25 personnes par jour, contre 40, voire 50 personnes testées avant le paiement du PCR.

Michèle EBONGUE

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