Crise anglophone :  Les femmes déplacées payent le prix fort
Les bénéficiaires des dons

Crise anglophone :  Les femmes déplacées payent le prix fort

Crise anglophone femmes déplacéesLa journée internationale de la femme africaine qui a été célébrée 31 juillet 2022 leur a donné la possibilité de présenter aux autorités de l’Ouest la liste de leurs doléances, tout en militant pour des solutions pérennes. Crise anglophone femmes déplacées

Le 31 juillet dernier, le Cameroun a célébré la 60e édition de la journée internationale de la femme africaine. Dans la région de l’Ouest, la célébration a été marquée par plusieurs remises de dons, des produits de premières nécessités pour la plupart.

La principale cible de ces dons : Les femmes déplacées de la crise sécuritaire qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO). Bien que reconnaissantes, les principales bénéficiaires, une cinquantaine, ont souhaité que des solutions plus pérennes soient trouvées à leur problème.  Lequel problème rime souvent avec promiscuité, pauvreté et violences basées sur le genre.

Crise anglophone femmes déplacées La journée internationale de la femme africaine qui a été célébrée 31 juillet 2022

Mère célibataire d’un garçon de 5 ans, Edith, 29 ans par exemple traverse, depuis son arrivée à Bafoussam, « la période la plus sombre de sa vie ».  Avant le début de la crise, elle était promotrice d’un salon de coiffure qui lui permettait de subvenir sans trop de peine aux besoins de son enfant. « En fuyant, mon quartier, j’avais quelques économies qui m’ont permis de louer un studio ici à Bafoussam mais sans emploi fixe, je me suis vite retrouvée dans le rouge et j’ai dû aller aménager chez une amie de la famille », témoigne-t-elle tout émue.

Quand on lui demande de parler de sa vie de déplacée de la crise anglophone, Mary Tamfor, 22 ans se fige.  Serveuse dans une petite buvette, elle est l’image même de la résilience. Pour satisfaire son patron, elle travaille pendant de longues heures sans pause. Plus grave, elle est obligée de céder aux caprices et attouchements de certains clients pervers aux pourboires généreux. Il faut bien compléter les 50.000 F Cfa que lui verse mensuellement son employeur.Crise anglophone femmes déplacées

possibilité de présenter aux autorités de l’Ouest la liste de leurs doléances

Des cas comme celui de Mary et Edith sont légion dans la région de l’Ouest. Réunies en association, elles multiplient des plaidoyers en vue de leur autonomisation. Les regards tournés vers l’Etat, elles attendent que des mesures d’accompagnement efficientes soient prises. Comme l’a reconnu la déléguée départementale pour les Bamboutos du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, Diane Pesseu, même si le gouvernement dans sa politique a mis sur pied des mesures d’appui aux personnes et particulièrement aux femmes déplacées du Noso, beaucoup reste encore à faire.

Rappelons que dans un rapport publié en février 2022 par International Crisis Group, les femmes sont les plus touchées par la crise anglophone. Le même rapport révèle que 60% des personnes déplacées sont des femmes.Crise anglophone femmes déplacées

Vanessa Bassale

A lire aussi :  [Reportage] Crise anglophone : Le calvaire sanitaire des déplacés internes dans le Moungo

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués avec *.