Datajournalisme : Des journalistes formés rendent public leur travail

Ces 6 confrères de différents médias étaient face à la presse mardi 15 février 2022 à Douala pour présenter les grandes lignes des deux enquêtes collaboratives qui traitent des inégalités hommes-femmes et s’appuient sur les données ouvertes.

Entre deux anecdotes et quelques retours d’expériences de terrain, six journalistes camerounais déroulent les grandes lignes de leurs enquêtes mardi 15 février 2022 à Douala. Deux grandes enquêtes collaboratives qui ont conduit ces hommes et femmes de différents médias dans diverses localités du pays.

La première enquête portée par Marie-Louise Mamgue (Data Cameroon), Fotso Fonkam (Schoolmapcm.org), Alexandra Tchuileu (Cameroon Tribune) traite de la scolarisation des jeunes filles dans les Zones d’Education Prioritaires (ZEP). Menée par Yannick Assongmo Necdem (Le Jour), Ghislaine Deudjui (Le Financier d’Afrique) et Emmanuel Batake (freelance), la 2e enquête elle, porte sur les financements des projets et programmes agricoles, avec un accent mis sur les difficultés d’inclure les femmes dans les politiques publiques.

Il aura fallu 9 mois de travail à ces deux trinômes pour boucler ces articles, sous l’encadrement de Paul-Joël Kamtchang d’ Adisi Cameroun et Madeleine Ngeunga de Open Data Pour Elles, tous deux experts CFI. De ces enquêtes, l’on apprend que 52% des femmes sont écartées des projets agricoles et côté éducation, 55% des filles vont au bout de leur cursus primaire, contre 77% comme le révèle les données dans les ZEP. Les productions mettent en exergue des données collectées, traitées, analysées et rendues sous forme de graphiques et de cartes. Un plus pour la plupart de ces journalistes qui découvraient la pratique du data journalisme.

Difficile accès aux données

Au rang des difficultés rencontrées, les six confrères relèvent en premier, celle de l’accès aux sources, surtout aux données. « La première difficulté est l’accès ou la disponibilité des données libres d’accès. C’est-à-dire que, vous avez des programmes et des projets qui sont sur le terrain et collectent des données sur les producteurs et productrices, leur rendement, etc. Mais qui ne les stockent nulle part », explique Yannick Assongmo. Il poursuit, « or, quand vous vous voulez faire un travail de Data journalisme comme celui-ci, la première chose c’est d’avoir accès aux données. Mais, les programmes ne vous produisent pas les résultats, encore moins les bases de données consultables. Des fois, ça n’existe pas et quand ces données existent, ils sont réticents à les mettre à votre disposition ».

Ce qui n’enlève en rien la satisfaction partagée par tous d’avoir réalisé ces travaux. Car cela a permis à certains d’affiner leur plume. « J’ai amélioré ma façon de travailler et j’ai été outillée sur les exigences du data journalisme, comment collecter, analyser, comparer les données avec des outils spécifiques et les contextualiser avec les éléments de terrain (…) C’est une expérience exceptionnelle qui a permis d’apprendre des autres », se réjouit Marie-Louise Mamgue.

Ces deux enquêtes sont l’aboutissement du projet Media Lab Pour Elles qui a donné droit à une formation en data journalisme aux six journalistes bénéficiaires au Cameroun. Ce projet de CFI Médias et financé par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères a pour but de « favoriser l’émergence des productions en rapport avec les questions de genre en manipulant les données », fait savoir Madeleine Ngeunga.

Marthe NDIANG

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