Dr. Louis-Marie Kakdeu : « C’est un pas vers la structuration du secteur »
Le Président du Forum camerounais du service des conseils agricoles (Camfaas) donne son avis sur la plateforme des promoteurs de farines locales au Cameroun bientôt mise en place.

Que pensez-vous de la création d’une plateforme des promoteurs de farines locales au Cameroun ?

Il faut dire sans ambages que nous sommes ravis que le ministère de l’Economie, à travers son développement local ait entendu notre demande, notre proposition, notre plaidoyer pour que la production de farine soit produite localement au Cameroun. Afin que nous ne soyons pas dépendant à 100% de l’extérieur sur ce que nous consommons.

On fait 11 millions de pains chaque matin, et jusqu’ici, on dépendait entièrement de l’extérieur.  Que cela soit fait aujourd’hui, nous sommes satisfaits. La mobilisation des autorités partout où nous sommes passés, veut dire que c’est un pas vers une démarche société civile-gouvernement, pour la construction de notre pays. C’est ce qu’on recherche. Maintenant, est ce que ça va être efficace ?

Comment qualifiez-vous ce projet ?

Ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui, c’est un pas vers la structuration du secteur. Vous savez très bien que pour industrialiser, il faut beaucoup de contraintes. Cela commence par les contraintes de la production de la matière première, ensuite les contraintes de la transformation et enfin celles du marché.

Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est restructurer toute la chaine de valeur pour qu’il y ait de l’interdépendance entre les producteurs locaux, les transformateurs et les distributeurs. Il faut que ces interdépendances soient réelles et que cela permette réellement qu’il n’y ait pas de rupture dans la chaine d’approvisionnement le moment venu. Encore, il est très intéressant dans l’orientation du marché, de relever qu’il y a des exigences du marché que les producteurs doivent respecter. Sinon, cela ne peut pas aussi être acceptable, en ce qui concerne les normes.

Quelles sont, ces exigences ?

On doit respecter les normes de qualité et les normes de quantité. Les boulangers ont des exigences et pour que les farines qui arrivent en boulangerie soient acceptables, il faut que nous structurions nos producteurs et nos transformateurs.  Pour qu’ils respectent les itinéraires techniques afin que le produit final soit acceptable. Voilà ce que nous sommes en train de faire. C’est un pan aujourd’hui, un pas important pour que d’ici à la fin du mois de juillet, nous ayons cette plateforme. Que la structuration se mette en place, qu’il y ait cette interface pour fonctionner, parler au nom de la production des farines locales, et que finalement, vers la fin d’année, que les camerounais commencent à se réjouir des potentialités ô combien multiples de nos ressources et des valeurs de nos pays.

La création de cette plateforme va-t-elle prendre en compte le coût ?

Le coût est déterminé par la quantité, la production. Imaginez-vous qu’on mette les producteurs ensemble, et qu’ils soient capables de gagner le marché et que l’offre soit substantielle, les coûts vont baisser. Si aujourd’hui il y a encore un léger problème, c’est parce qu’il y a aussi spéculation sur le marché. Il y a des gens qui produisent et vendent au coût réel. Mais s’il y a spéculation sur le marché, on peut comprendre cela. Le jour où notre plateforme sera en fonctionnement et que l’on pourra produire substantiellement pour approvisionner la demande, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas compétitif.

Réalisé par Michèle EBONGUE

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